Le Parti démocratique gabonais (PDG) amorce une nouvelle ère avec l’élection de Blaise Louembe à sa tête. Lors de son 13e congrès extraordinaire, tenu le jeudi 30 janvier 2025, l’ex-parti au pouvoir a adopté des amendements statutaires et organisationnels visant à redéfinir son avenir, marquant ainsi une rupture symbolique avec l’ère d’Ali Bongo Ondimba.
Présidé par Faustin Boukoubi, cet important rassemblement politique a acté la fin du directoire provisoire mis en place après la chute du régime Bongo. L’élection par acclamations de Blaise Louembe en tant que président du parti ainsi que la nomination d’Angélique Ngoma au poste de secrétaire générale illustrent une volonté de restructuration profonde du PDG.
Selon les organisateurs, les amendements statutaires n’ont pas bouleversé les fondamentaux du parti, mais ont permis d’apporter des ajustements nécessaires. Désormais, le parti réaffirme son adhésion aux « idéaux du Grand camarade Omar Bongo Ondimba » tout en instaurant un président du parti aux prérogatives clairement définies.
Autre mesure forte de ce congrès : la restauration de l’emblème originel du PDG. Le symbole de la main pomme ouverte avec le nœud gordien, modifié sous l’ancien directoire, fait son retour officiel. Ce choix traduit une volonté de renouer avec les fondements historiques du parti et de se démarquer des orientations prises sous Ali Bongo.
Par ailleurs, l’incompatibilité entre l’adhésion au PDG et l’appartenance à une autre formation politique ou association à caractère politique a été rappelée avec fermeté. Tout contrevenant s’expose à des mesures disciplinaires.
En élevant Blaise Louembe à la tête du PDG, les militants et cadres du parti envoient un signal fort : tourner définitivement la page Ali Bongo. Ancien ministre et fidèle du régime Bongo-père, Louembe incarne à la fois une continuité historique et une rupture avec la dernière décennie marquée par la défiance populaire.
Reste à savoir si cette transformation suffira à redorer l’image du PDG dans un paysage politique où il demeure largement contesté. Avec un congrès ordinaire en préparation et une commission ad’hoc chargée de réviser les textes du parti, le chantier de reconstruction ne fait que commencer.








