Le remaniement annoncé dimanche 11 octobre 2026 par le président Brice Clotaire Oligui Nguema se traduit par cinq départs, huit nouvelles nominations et plusieurs changements de portefeuille. Philippe Tonangoye, Camélia Ntoutoume-Leclercq et Jean-François Ndong Obiang figurent parmi les personnalités sortantes. L’Éducation nationale perd son rang de ministère d’État, tandis que le Commerce et l’Industrie sont réunis et que l’Environnement se sépare des Eaux et Forêts.
Le gouvernement gabonais change de configuration. Annoncée à la télévision par Murielle Minkoué Mézui, secrétaire générale de la Présidence de la République, la nouvelle équipe combine renouvellement des titulaires et réorganisation des départements ministériels. Au total, cinq membres quittent le gouvernement, huit personnalités y font leur entrée et plusieurs ministres conservent leur place en changeant d’attributions.
Au-delà des mouvements de personnes, le remaniement redessine les contours de plusieurs administrations. L’objectif apparent est de redistribuer les responsabilités, de rapprocher certaines compétences et d’en dissocier d’autres. La nouvelle composition compte 33 membres, contre 30 dans le gouvernement du 1er janvier 2026.
Cinq départs, dont trois figures de premier plan
Philippe Tonangoye quitte le ministère de l’Accès universel à l’Eau et à l’Énergie. Il est remplacé par Olivier Mouckocko, désormais chargé de ce portefeuille. Son départ intervient dans un secteur où les attentes en matière d’accès à l’eau potable et de fourniture d’électricité demeurent importantes.
Autre départ notable, celui de Camélia Ntoutoume-Leclercq, qui ne figure plus dans la nouvelle équipe. Elle cède le ministère de l’Éducation nationale et de l’Instruction civique à Jacqueline Ilogue épouse Bignoumba, précédemment chargée du Travail, du Plein emploi, du Dialogue social et de la Formation professionnelle.
Cette nomination s’accompagne d’un changement de statut institutionnel : l’Éducation nationale perd son rang de ministère d’État. Une évolution qui modifie la place protocolaire du département, sans préjuger, à elle seule, des moyens qui lui seront alloués ni des priorités qui lui seront assignées.
Jean-François Ndong Obiang quitte également le gouvernement. Le ministère de la Réforme et des Relations avec les Institutions revient désormais à Aimé Martial Massamba, qui abandonne la Pêche, la Mer et l’Économie bleue. Georges Christian Waza prend sa succession à ce dernier portefeuille.
Les deux autres sortants sont Lubin Ntoutoume, jusque-là chargé de l’Industrie et de la Transformation locale, et Armande Longo épouse Moulengui, qui dirigeait les Affaires sociales, la Protection de l’enfance et la Femme. Leurs départs s’inscrivent dans une recomposition plus large des compétences économiques et sociales.
Huit entrants : les principaux changements de portefeuille
Huit personnalités intègrent la nouvelle équipe. Outre Olivier Mouckocko et Georges Christian Waza, Emmanuel Eyeghe Nze prend la tête du Commerce, de l’Industrie et de la Transformation, tandis que Raïssa Nana épouse Ghogho hérite des Affaires sociales, de la Famille et de la Protection de l’enfance.
Le secteur des infrastructures accueille également un nouveau responsable. Lambert Mouvinde Millot est nommé aux Travaux publics et à la Construction, en remplacement d’Edgard Moukoumbi, qui rejoint le ministère de l’Intérieur, de la Sécurité et de la Décentralisation.
Axel Jesson Ayenoue prend, pour sa part, la direction du Tourisme durable et de l’Artisanat, jusque-là confiée à Marcelle Ibinga épouse Itsitsa. Cette dernière est réaffectée à l’Enseignement technique, à la Formation et au Perfectionnement professionnel, avec la responsabilité de la formation professionnelle désormais détachée du ministère du Travail.
Autre nouveauté, Stephen Olouna Mouba devient ministre de l’Environnement et du Climat. Le portefeuille est désormais distinct de celui des Eaux et Forêts, maintenu sous la responsabilité de Maurice Ntossui Allogho.
Enfin, Malcom Emery Djenno Ngomand fait son entrée au gouvernement en qualité de ministre délégué auprès du ministre de l’Intérieur, de la Sécurité et de la Décentralisation. Sa nomination porte à deux le nombre de ministres délégués, Marc Abeghe conservant ses fonctions auprès du ministre de l’Économie.
Des sortants qui restent au gouvernement : le jeu des réaffectations
Tous les changements ne se traduisent pas par des départs. Plusieurs membres de l’ancienne équipe changent simplement de portefeuille, illustrant la volonté de réorganiser l’appareil gouvernemental sans renouveler l’ensemble de ses responsables.
Edgard Moukoumbi quitte les Travaux publics pour prendre les commandes de l’Intérieur, de la Sécurité et de la Décentralisation. Il succède à Adrien Nguema Mba, qui hérite du Travail, du Plein emploi et du Dialogue social.
Jacqueline Ilogue épouse Bignoumba, qui quitte ce dernier département, prend la tête de l’Éducation nationale. La Formation professionnelle est transférée au ministère de l’Enseignement technique, de la Formation et du Perfectionnement professionnel, désormais dirigé par Marcelle Ibinga épouse Itsitsa.
Aimé Martial Massamba passe, quant à lui, de la Pêche à la Réforme et aux Relations avec les Institutions. Ces mouvements dessinent une chaîne de réaffectations qui touche plusieurs secteurs, de l’administration territoriale à l’éducation, en passant par l’emploi et la formation.
Le remaniement ne se limite donc pas à remplacer les responsables sortants. Il modifie aussi les périmètres de compétences et redistribue les responsabilités entre des membres maintenus dans l’équipe.
Commerce et Industrie réunis, Environnement et Eaux et Forêts séparés
La réorganisation la plus visible concerne les portefeuilles économiques. Le Commerce rejoint l’Industrie et la Transformation au sein d’un même département confié à Emmanuel Eyeghe Nze, également nommé porte-parole du gouvernement en remplacement de Charles Edgard Mombo. Ce dernier conserve le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique.
Zenaba Gninga Chaning demeure chargée des PME-PMI et de l’Entrepreneuriat, mais perd le Commerce. Cette nouvelle architecture rapproche les politiques commerciales et industrielles, deux domaines dont la coordination peut peser sur la transformation locale, la promotion des entreprises nationales et la valorisation de la production gabonaise.
Dans le domaine environnemental, le choix est inverse. L’Environnement et le Climat sont désormais séparés des Eaux et Forêts. Stephen Olouna Mouba prend la responsabilité du premier portefeuille, tandis que Maurice Ntossui Allogho conserve le second, avec la gestion du conflit homme-faune.
Cette séparation distingue deux champs d’action complémentaires, mais dont la coordination sera déterminante : la préservation des écosystèmes, l’exploitation des ressources forestières et la réponse aux conséquences du changement climatique.
La nouvelle composition modifie également l’organisation du ministère de l’Économie. Dans la liste annoncée, Marc Abeghe conserve ses fonctions de ministre délégué auprès du ministre de l’Économie, mais la mention « chargé du Budget », présente dans la composition de janvier, disparaît. Cette différence d’intitulé ne suffit toutefois pas à établir que ses attributions budgétaires ont été supprimées.
Deux ministres d’État au lieu de trois
Au sommet de l’exécutif, la continuité prévaut. Hermann Immongault conserve la vice-présidence du gouvernement. Brigitte Onkanowa reste à la Défense nationale et Ulrich Manfoumbi Manfoumbi aux Transports, à la Marine marchande et à la Logistique, tous deux avec le rang de ministre d’État. Thierry Minko demeure à la tête du département de l’Économie et des Finances.
Le changement le plus notable sur le plan institutionnel concerne le nombre de ministres d’État. La nouvelle équipe n’en compte plus que deux, contre trois dans celle du 1er janvier 2026, l’Éducation nationale perdant ce rang.
Dans le même temps, l’effectif gouvernemental passe de 30 à 33 membres, en incluant le vice-président du gouvernement, les ministres d’État, les ministres et les ministres délégués, mais sans compter le président et le vice-président de la République.
Une nouvelle architecture à l’épreuve des résultats
Ce remaniement combine ainsi renouvellement politique, réaffectations et redécoupage administratif. Les départs de Philippe Tonangoye, Camélia Ntoutoume-Leclercq, Jean-François Ndong Obiang, Lubin Ntoutoume et Armande Longo épouse Moulengui marquent la sortie de cinq responsables, tandis que huit entrants rejoignent l’équipe.
La réunion du Commerce et de l’Industrie, la séparation de l’Environnement et des Eaux et Forêts, ainsi que le transfert de la Formation professionnelle traduisent une nouvelle répartition des missions gouvernementales. Reste désormais à mesurer les effets concrets de ces arbitrages sur l’action publique.
Pour les nouveaux responsables, l’enjeu sera de prendre rapidement leurs marques et de traduire leurs feuilles de route en résultats. Pour les ministres reconduits ou réaffectés, il s’agira de démontrer que ces changements de périmètre peuvent améliorer la coordination administrative et accélérer la mise en œuvre des politiques publiques.
Au-delà de la composition de l’équipe, c’est donc la capacité de ce gouvernement élargi à répondre aux attentes des Gabonais qui constituera le véritable test de ce remaniement.








