À Libreville, la quatrième journée de l’atelier régional consacré à l’autonomisation économique des jeunes femmes dans les filières agricoles durables s’est déroulée le 12 mars 2026 sur le terrain, au sein de la ferme pédagogique du projet Biwudji, installée au complexe scolaire d’Alibandeng. Organisée par l’Organisation internationale de la Francophonie avec l’appui de la fondation Ma Bannière, présidée par Zita Oligui Nguema, la visite visait à confronter les participantes aux réalités concrètes de la production agricole et de la formation environnementale.
Après plusieurs jours d’échanges et d’ateliers en salle, les participantes à la rencontre régionale sur l’entrepreneuriat agricole féminin ont poursuivi leur programme par une sortie pédagogique. La délégation s’est rendue au complexe scolaire d’Alibandeng, dans le nord de Libreville, où se développe une ferme éducative intégrée au projet Biwudji.
La visite s’est déroulée en présence de la Première dame du Gabon, Zita Oligui Nguema, marraine de l’événement, accompagnée de membres du gouvernement, dont le ministre de l’Agriculture, Pacôme Kossy, ainsi que des responsables du secteur éducatif et environnemental. Sur place, la délégation a parcouru différentes installations destinées à l’apprentissage des pratiques agricoles, notamment des espaces de production et des zones de pépinières utilisées à des fins pédagogiques.
Implantée dans un cadre scolaire, la ferme pédagogique poursuit un objectif double : familiariser les élèves avec les techniques agricoles tout en les sensibilisant aux enjeux de protection de l’environnement.
Selon Alphonse Waguena, représentant de l’OIF pour l’Afrique centrale et coordonnateur du projet, l’initiative s’inscrit dans une démarche éducative qui relie formation, alimentation et entrepreneuriat.
« Nous voulons montrer aux élèves que l’agriculture peut être pratiquée de manière durable et innovante. Les productions issues de cette ferme servent notamment à alimenter la cantine scolaire avec des produits sains. Le site accueille également de jeunes entrepreneurs qui viennent s’initier à la production de plants et aux techniques de pépinière », a-t-il expliqué.
À travers ce dispositif, les promoteurs du projet entendent susciter l’intérêt des jeunes générations pour les métiers agricoles, encore souvent perçus comme peu attractifs.
Pour les autorités gabonaises, cette initiative répond aussi à un enjeu économique plus large. L’agriculture est régulièrement présentée comme l’un des secteurs capables de contribuer à la diversification de l’économie nationale et à la création d’emplois.
Présent lors de la visite, le ministre de l’Agriculture, Pacôme Kossy, a insisté sur la nécessité de renforcer la formation et l’attractivité du secteur auprès des jeunes. « Des projets comme celui-ci ont un rôle important. Ils permettent d’une part de former les jeunes et, d’autre part, de leur montrer que l’agriculture peut constituer une véritable opportunité professionnelle », a-t-il déclaré.
Dans plusieurs pays d’Afrique centrale, les politiques publiques cherchent désormais à encourager le développement de filières agricoles durables afin de réduire la dépendance aux importations alimentaires.
Pour les participantes à l’atelier régional, venues de différents pays du Bassin du Congo, cette immersion représente un moment clé du programme. Elle permet d’observer concrètement les techniques de production et les modèles de formation agricole.
Au total, une trentaine de jeunes entrepreneures prennent part à cet atelier régional consacré à l’agriculture durable et à la gestion des ressources naturelles. La visite s’est conclue par une remise de kits agricoles aux participantes issues des six pays représentés à la rencontre. Ce soutien matériel vise à accompagner les jeunes femmes dans le développement de leurs projets agricoles.
Placée sous le thème « Femmes et champs d’avenir dans le Bassin du Congo », la rencontre entend renforcer les compétences techniques des participantes tout en favorisant les échanges d’expériences entre entrepreneures de la région. Dans une sous-région où les terres cultivables sont vastes mais encore insuffisamment exploitées, les organisateurs espèrent que ces initiatives contribueront à faire émerger une nouvelle génération d’actrices du développement agricole.
Car derrière cette visite de terrain se dessine une ambition plus large : encourager les jeunes femmes à investir un secteur stratégique pour l’avenir économique et alimentaire du Bassin du Congo.







