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Sortie de l’EP « L’Humain » : Tiss Warren Jazz, héritier dans la lignée d’Akendengué

Avec « Kolo Kala » et son EP attendu ce 03 avril à minuit sur toutes les plateformes, l’artiste gabonais convoque la profondeur d’un aîné légendaire pour en faire quelque chose de résolument contemporain.

Il n’est pas courant qu’un artiste de la génération streaming évoque, par la seule force de sa musique, le souvenir de Pierre-Claver Akendengué. Tiss Warren Jazz, lui, y parvient, sans l’imiter, sans le citer, mais en habitant le même espace intérieur. Son EP L’Humain, dont le single « Kolo Kala » précède la sortie officielle, en est la preuve la plus convaincante à ce jour.

Avec la publication du visualizer lyrique de « Kolo Kala », troisième titre de son EP L’Humain, disponible à minuit sur l’ensemble des plateformes de streaming, le musicien de Port-Gentil démontre qu’une musique peut être à la fois profondément enracinée et rigoureusement actuelle. « L’Humain est ce qui reste quand on enlève le bruit. Ce projet n’est pas né d’un besoin de succès, mais d’un besoin de vérité. Je chante ce que nous sommes quand on ose ralentir, écouter, ressentir. » nous a-t-il confié. 

Ce qui rapproche Tiss Warren Jazz d’Akendengué n’est pas un son, les époques, les outils, les formats ont changé. C’est une posture. Akendengué chante la condition humaine en s’appuyant sur les langues et les mythologies du Gabon profond. Tiss Warren Jazz, lui, convoque la spiritualité, la persévérance, l’amour et la transmission dans un langage qui mêle RnB, jazz, hip-hop et sonorités africaines, sans jamais sacrifier le fond à la forme.

Là où l’aîné utilise la poésie comme armature, le cadet utilise le groove. Mais l’intention est identique : faire de la musique un espace où l’auditeur peut se reconnaître, se ralentir, exister. « Kolo Kala »  dont le visualizer joue sur le contraste entre énergie brute et introspection, est peut-être le résumé le plus fidèle de cette ligne de crête.

« Kolo Kala » : un extrait taillé pour préparer le terrain

Le choix de dévoiler « Kolo Kala » en avant-première révèle une stratégie éditoriale claire. Troisième piste de la tracklist, ce titre occupe le centre de gravité d’un EP en cinq actes :

Le format visualizer avec paroles est sobre et sans effets superflus. Une forme de pédagogie artistique rare à l’ère du contenu instantané.

Les productions sont signées par Tiss Warren Jazz, Ben Areno et Darcial Mondjo, avec la contribution de NZINGOULA Moïse alias Moses Beats sur « Kolo Kala » spécifiquement. A la direction artistique on retrouve: Les images de Julie », design de Chris B. pour HXS, opte pour un noir et blanc à fort contraste, un visage en profil tourné vers le ciel, et une pochette d’une sobriété presque militante.

Né à Port-Gentil, la même ville côtière qui a vu grandir plusieurs figures de la culture gabonaise , Tiss Warren Jazz a construit son parcours loin des raccourcis. Trois albums, un premier EP, près de 100 000 vues cumulées sur ses clips, 30 000 abonnés sur les réseaux sociaux et deux fois présélectionné au Prix Découvertes RFI : la feuille de route est solide, sans être bruyante.

Depuis 2019, il a multiplié les dates en tournée au Cameroun, Niger, Côte d’Ivoire, France, Gabon, sans jamais céder à la tentation du featuring facile ou du registre calibré pour les algorithmes. Chanteur, compositeur, instrumentiste et acteur de cinéma, il porte une polyvalence qui n’est pas sans rappeler, là encore, la figure tutélaire d’Akendengué, homme de plusieurs disciplines, refusant de se laisser enfermer dans une seule case.