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Eau potable au Gabon : la SEEG et Suez lancent un partenariat pour mettre fin aux pénuries

Après plusieurs mois d’attente, la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG) et le groupe français Suez ont officiellement lancé, jeudi à Libreville, la mise en œuvre de leur partenariat technique destiné à améliorer la production et la distribution d’eau potable dans le pays. Signée en avril 2025 à Paris pour un montant de 200 millions d’euros, la convention vise à moderniser les installations, réduire les pertes dans les réseaux et garantir un accès plus régulier à l’eau pour les ménages gabonais.

C’est au siège social de la SEEG, à Libreville, que les responsables de l’opérateur public gabonais et du groupe français Suez ont officiellement donné le coup d’envoi opérationnel de leur collaboration. L’accord prévoit un accompagnement technique de la multinationale dans plusieurs segments clés de la chaîne de production et de distribution d’eau potable.

« C’est un pas important vers l’objectif que nous poursuivons, celui d’améliorer durablement le service public de l’eau », a déclaré l’administrateur-directeur général de la SEEG, Steeve Saurel Legnongo, lors de la cérémonie de lancement.

Conclue en avril 2025 à Paris, la convention – estimée à près de 200 millions d’euros, soit plus de 131 milliards de francs CFA – vise à renforcer les capacités techniques de la SEEG. Le partenariat doit notamment couvrir la gestion des ressources en eau, le traitement, la maintenance des équipements de production, ainsi que l’exploitation des réseaux de transport et de distribution d’eau potable à Libreville et dans les principales villes du pays.

L’accord s’appuie sur plusieurs audits techniques réalisés ces deux dernières années par Suez sur les installations de la SEEG. Un premier diagnostic, conduit en mai 2024, avait déjà mis en évidence d’importantes pertes d’eau entre les sites de production et les zones de stockage.

Ces pertes concernent notamment l’axe stratégique reliant la station de production de Ntoum à la capitale gabonaise. Selon les analyses menées par les experts du groupe français, une part significative de l’eau produite n’atteint pas les réservoirs de stockage ni les ménages.

Les audits complémentaires réalisés en juillet et en décembre 2025 ont confirmé ces dysfonctionnements structurels. Parmi les recommandations formulées figure l’objectif de porter à au moins 95 % la part d’eau produite effectivement stockée et distribuée dans le réseau.

Pour accompagner ce programme, le groupe français a créé une filiale locale baptisée Suez-Gabon, chargée de déployer les opérations prévues dans le cadre de la convention. La cérémonie organisée au siège de la SEEG marque ainsi le démarrage effectif des activités de cette entité.

« Notre convention de cinq ans oblige les parties à fournir de l’eau potable en quantité suffisante à la population, dans le cadre d’une co-construction », a souligné Alexandre Duzan, directeur général du groupe Suez.

L’approche retenue repose sur une collaboration étroite avec les équipes de la SEEG, qui resteront au cœur du pilotage opérationnel sur le terrain.

Le lancement opérationnel de ce partenariat intervient dans un contexte de forte pression politique autour de la question de l’accès à l’eau potable. La semaine précédente, le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema avait réuni les responsables du ministère de l’Accès universel à l’eau et à l’énergie, ainsi que les dirigeants de la SEEG et de Suez.

Selon plusieurs sources, le chef de l’État avait exprimé son mécontentement face à la persistance des difficultés d’approvisionnement en eau dans plusieurs quartiers de Libreville et dans certaines villes de l’intérieur du pays.

Le président s’était notamment interrogé sur les résultats des investissements engagés depuis 2023, incluant la réhabilitation progressive des unités de production et la modernisation de certains réseaux de transport.

Au Gabon, l’accès régulier à l’eau potable demeure un défi majeur pour les autorités et pour la SEEG. Dans plusieurs quartiers de Libreville, les coupures ou les baisses de pression restent fréquentes, alimentant le mécontentement des usagers.

Pour les responsables du projet, l’arrivée de l’expertise technique de Suez doit permettre d’améliorer la performance du réseau et de limiter les pertes qui affectent la chaîne de distribution.

Si les objectifs fixés sont atteints, les responsables espèrent que la combinaison des investissements déjà réalisés et de l’assistance technique internationale permettra d’améliorer progressivement la desserte en eau potable.

Au-delà de l’amélioration immédiate du service, ce partenariat constitue aussi un test pour la capacité de la SEEG à moderniser sa gestion technique et opérationnelle.

Dans les prochaines années, la réussite de cette coopération sera scrutée de près par les autorités gabonaises et par les consommateurs, pour qui la question de l’eau potable reste l’un des enjeux quotidiens les plus sensibles.

Le lancement officiel de cette collaboration marque ainsi une nouvelle étape. Reste désormais à savoir si, sur le terrain, les réformes techniques et organisationnelles permettront enfin de transformer les promesses en amélioration tangible pour les ménages gabonais.