Invité d’honneur de la 18e édition du Festival des Musiques Urbaines d’Anoumabo (FEMUA), le Gabon a offert, jeudi soir à l’Institut français de Côte d’Ivoire, une démonstration éclatante de la richesse de sa création artistique contemporaine. Devant un parterre d’invités composé de personnalités institutionnelles, d’acteurs culturels et de membres de la diaspora gabonaise, le pays a déroulé pendant près de deux heures trente une fresque culturelle ambitieuse, pensée comme une immersion dans l’âme artistique gabonaise.
Conçue autour d’une scénographie soignée et d’une mise en scène alliant modernité, technologies créatives et références au thème de cette édition centré sur l’intelligence artificielle, la soirée a proposé un dialogue constant entre innovation et enracinement patrimonial. Une quinzaine d’artistes se sont succédé sur scène dans un spectacle rythmé, intergénérationnel et visuellement abouti, illustrant la diversité stylistique d’une scène gabonaise en pleine affirmation.
Les nouvelles figures de la musique urbaine et contemporaine gabonaise, parmi lesquelles Emma’a, Dementos, Waza No Limite, L’Amalgame, Rodzneg et Jrio, ont livré des prestations remarquées, saluées par un public conquis. Chacun, dans son registre, a contribué à dessiner le visage d’une création nationale jeune, audacieuse et résolument ouverte sur les standards internationaux.
Moment de grâce de la soirée, l’entrée en scène du patriarche Pierre Claver Akendengué a suscité une vive émotion dans la salle. Monument de la chanson africaine, l’artiste a revisité plusieurs de ses classiques dans une séquence empreinte de solennité et de ferveur, rappelant la profondeur du legs musical gabonais et son influence sur plusieurs générations.
La dimension patrimoniale du spectacle a également été mise à l’honneur à travers les prestations de Laurianne Ekondo, Prudence et Big Row, ambassadeurs d’une musique traditionnelle et tradi-moderne qui continue de se réinventer sans renier ses racines. Une présence saluée comme le symbole d’une transmission culturelle vivante et assumée.


Par cette soirée de haute tenue artistique, le Gabon a réaffirmé son ambition de faire de sa culture un levier de rayonnement international. Plus qu’un simple showcase, cette vitrine offerte à Abidjan aura illustré la volonté du pays de projeter une identité culturelle forte, capable de conjuguer héritage, innovation et ouverture sur le monde.







