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FEMUA 2026 : le Gabon, invité d’honneur, mise sur la culture pour affirmer son influence en Afrique

Libreville – Le Gabon a été officiellement désigné pays invité d’honneur de la 18e édition du Festival des Musiques Urbaines d’Anoumabo (FEMUA), prévue prochainement en Côte d’Ivoire. Cette distinction, entérinée à l’issue d’une audience entre le ministre gabonais de la Culture et des Arts, Paul Ulrich Kessany Zategwa, l’ambassadeur ivoirien Bertin Kouadio Konan et l’artiste Salif Traoré, dit A’Salfo, consacre une volonté commune de renforcer les liens culturels entre Libreville et Abidjan, tout en inscrivant cette édition sous le signe d’un débat majeur : « Intelligence artificielle : menace ou opportunité pour l’Afrique ? ».

Au-delà de l’aspect festif, la désignation du Gabon comme invité d’honneur du FEMUA revêt une dimension diplomatique affirmée. Créé en 2008 par le groupe Magic System, ce rendez-vous s’est progressivement imposé comme l’un des plus importants festivals culturels d’Afrique de l’Ouest, mêlant concerts, forums et actions sociales.

La présence du Gabon à l’honneur traduit, selon les autorités, une convergence de vues entre les deux pays sur le rôle de la culture comme levier d’influence et de coopération. La rencontre entre les délégations gabonaise et ivoirienne a permis de formaliser une invitation qui s’inscrit dans une dynamique plus large de rapprochement bilatéral.

« Cette invitation est la reconnaissance de ce que le Gabon construit : une culture vivante, ouverte sur l’Afrique et le monde », a déclaré le ministre Paul Ulrich Kessany Zategwa.

Dans son propos, le membre du gouvernement inscrit clairement cette participation dans une stratégie de valorisation des industries culturelles, présentées comme un outil de souveraineté et de rayonnement.

Placée sous le thème « Intelligence artificielle : menace ou opportunité pour l’Afrique ? », cette 18e édition entend dépasser le cadre artistique pour s’imposer comme un espace de réflexion sur les transformations contemporaines du continent.

Depuis plusieurs années, le FEMUA articule ses programmations autour de problématiques sociétales. L’introduction de l’intelligence artificielle dans les débats témoigne d’une volonté d’anticiper les mutations technologiques et leurs impacts sur les économies créatives africaines.

Pour A’Salfo, commissaire général du festival, cette orientation répond à une exigence d’adaptation : « Le FEMUA n’est pas seulement une scène musicale. C’est aussi un lieu où l’Afrique pense son avenir, en croisant culture, innovation et développement. »

La mise à l’honneur du Gabon intervient dans un contexte où le pays cherche à structurer et internationaliser davantage sa scène culturelle. Musique urbaine, arts visuels, danse contemporaine : les expressions artistiques gabonaises gagnent en visibilité, mais peinent encore à s’imposer durablement sur les grandes scènes africaines.

Cette invitation offre ainsi une plateforme stratégique pour exposer les talents nationaux, favoriser les collaborations et attirer l’attention des professionnels du secteur.

« C’est une opportunité pour nos artistes de franchir un cap, de se confronter à d’autres publics et de nouer des partenariats », confie un acteur du milieu culturel à Libreville.

Au-delà de la promotion artistique, c’est bien une diplomatie culturelle que Libreville tente de structurer. En misant sur des événements d’envergure continentale, les autorités gabonaises entendent renforcer leur présence dans les réseaux culturels africains.

Cette stratégie s’inscrit dans la vision portée par le chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, qui fait de la culture un vecteur d’influence et de cohésion. Dans ce cadre, la participation au FEMUA apparaît comme un jalon supplémentaire dans la construction d’une image internationale renouvelée.

Reste que cette mise en lumière constitue aussi un test. La capacité du Gabon à mobiliser ses artistes, à proposer une programmation cohérente et à capter l’attention du public international sera déterminante.

Dans un contexte de concurrence accrue entre les scènes culturelles africaines, l’enjeu est double : exister et convaincre.

À Abidjan, le rendez-vous est donc attendu comme un moment de vérité. Pour le Gabon, il ne s’agira pas seulement d’être invité d’honneur, mais de démontrer que sa culture peut s’imposer comme une voix singulière dans le concert africain.