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Bilie-By-Nze « Si j’ai fait du tort à quelqu’un, je m’excuse »

Le 1ᵉʳ février, lors du forum « Tout se dire » à l’immeuble AGL (ex-GML), Alain-Claude Bilie-By-Nze, ancien Premier ministre du Gabon, a saisi l’opportunité pour clarifier sa position face à un public avide de réponses. Il a exprimé son refus de porter seul la responsabilité des erreurs passées et a présenté une demande de pardon pour ses éventuelles fautes.

Refus d’être le seul comptable du passé

Face à des critiques virulentes, Bilie-By-Nze a fermement rejeté l’idée de se voir attribuer seul la responsabilité de la situation politique et économique du pays. « Ceux qui, aujourd’hui, veulent faire porter toutes ces responsabilités à un seul, ce sont ceux qui ont le plus de débats sur ce qui s’est passé en 2023 », a-t-il affirmé, soulignant qu’il n’était pas le seul acteur d’un système politique complexe.

L’ancien Premier ministre a challengé ses détracteurs, les invitant à apporter des preuves tangibles des accusations qu’ils formuleraient à son encontre : « Il existe dans notre pays des rumeurs qu’on diffuse les uns aux autres. Mais il n’y a jamais quelqu’un qui va se lever pour vous dire : ‘J’étais présent », a-t-il insisté. Il a rappelé que ses actions en tant que porte-parole étaient soumises à des processus collectifs et à des décisions prises en équipe. Ainsi, il refuse de porter le fardeau des erreurs passées seul.

Une introspection et une demande de pardon

Dans un moment d’introspection rare et sincère, Bilie-By-Nze a présenté des excuses aux Gabonais pour les erreurs qu’il aurait pu commettre durant son parcours politique. « Si j’ai fait du tort à quelqu’un, je m’excuse », a-t-il déclaré, admettant qu’il avait défendu son camp sans toujours prendre la mesure de l’ensemble des enjeux. Il a poursuivi : « J’ai défendu ma religion d’État, ma vision des choses, mais il ne peut pas y avoir qu’une seule vision des choses. » Loin de se cacher derrière son rôle passé, il a reconnu ses limites et l’ampleur des erreurs commises, soulignant qu’il avait désormais un regard lucide sur le passé.

Ce moment de réconciliation avec lui-même et avec le peuple gabonais a été un acte symbolique fort, en dépit de son refus de continuer à être le bouc émissaire d’un système qu’il n’a pas créé seul. Bilie-By-Nze a insisté sur le fait que la situation actuelle du pays ne pouvait plus perdurer, et qu’un changement profond était nécessaire. Il a également réaffirmé son désir d’une rupture avec ce système politique, estimant que celui-ci n’avait jamais fonctionné et ne fonctionnerait plus à l’avenir. Il a précisé qu’il n’était pas de ceux qui cherchaient à maintenir un statu quo destructeur pour le Gabon.

Vers un changement collectif

Dans ses déclarations, Bilie-By-Nze a souligné la nécessité d’une prise de responsabilité collective pour en finir avec les pratiques politiques du passé. « Vous ne pouvez pas demander à quelqu’un qui a fait la même chose pendant 60 ans de changer », a-t-il argumenté, appelant à un changement radical dans la gouvernance du pays. Selon lui, il ne suffit pas de demander à un seul homme de porter l’entière responsabilité des erreurs passées ; c’est l’ensemble du système et des acteurs politiques qui doivent se remettre en question.

Son appel à la transformation du pays s’est accompagné d’une volonté de responsabilité partagée. Il a affirmé que, même si les Gabonais choisissaient de poursuivre dans la même direction, il ne pourrait pas soutenir un système qu’il jugeait irrémédiablement défaillant. Sa demande de pardon et son appel à la réconciliation nationale ouvrent ainsi la voie à une réflexion collective sur l’avenir du Gabon.