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Alain-Claude Bilie-By-Nze : une nouvelle posture politique entre écoute et distance

Salle archicomble, tension palpable, attentes nombreuses. Ce 1er février, l’immeuble AGL, ex-GML, a abrité le forum « Tout se dire », une rencontre au cours de laquelle Alain-Claude Bilie-By-Nze s’est prêté à un exercice de transparence face à des Gabonais en quête de réponses. Ils étaient nombreux à vouloir l’interroger sur son rôle dans le maintien au pouvoir de la famille Bongo, sa responsabilité dans la gestion des événements électoraux et post-électoraux, ainsi que sur le bilan de son action lorsqu’il était aux affaires.  

Si ce forum ne saurait se substituer à un comité Vérité, Justice et Réconciliation, il aura eu le mérite d’apporter des éclaircissements sur plusieurs zones d’ombre qui alimentent le débat public depuis des années. Une occasion pour l’ancien Premier ministre de briser le silence et de se repositionner sur l’échiquier politique.  

Dans un contexte où la défiance envers les anciens dirigeants demeure forte, Alain-Claude Bilie-By-Nze a tenu à établir un contact direct avec les citoyens :  

« J’ai accepté de venir cet après-midi, passer un bon moment avec des compatriotes, des concitoyens, dans une proximité immédiate, sans qu’il y ait d’intermédiaire entre nous, sans que ça soit par les médias. »  

En se soumettant aux questions parfois incisives du public, il a voulu démontrer qu’il entendait les critiques et qu’il était prêt à y répondre. Une posture qui tranche avec l’image souvent attribuée aux responsables politiques, perçus comme éloignés des réalités du peuple.  

Cette volonté d’écoute, Bilie-By-Nze l’inscrit dans une réflexion plus large sur le rapport entre les gouvernants et les gouvernés :  

« Depuis le 30 août, j’ai pris le temps d’écouter. D’écouter à la fois les médias, les réseaux sociaux, mais aussi les compatriotes dans la proximité. Et j’ai pu mesurer à quel point, souvent, des choses nous ont été reprochées. Et souvent, nous n’avons pas entendu. »  

Un mea culpa implicite, qui vise à montrer qu’il a appris des erreurs du passé.  

L’un des moments forts de cette rencontre a été la clarification de son positionnement vis-à-vis du pouvoir en place. L’ancien Premier ministre a affirmé sans ambiguïté :  

« J’ai pris ma distance avec le CTRI et ce qui se fait. »  

Une déclaration qui marque une rupture avec les nouvelles autorités de transition et soulève des interrogations sur ses ambitions futures. Se pose-t-il en opposant ? Cherche-t-il à se repositionner en alternative crédible ? Si la question reste ouverte, son discours laisse transparaître une volonté de ne pas être assimilé aux décisions actuelles.  

Loin des déclarations politiques formatées, Alain-Claude Bilie-By-Nze a insisté sur sa disponibilité à répondre aux interrogations du public :  

« Je suis venu répondre à vos questions, à vos interrogations, vos concernements, dans cet exercice de proximité. »  

Un exercice délicat, mais nécessaire, dans un pays où le besoin de vérité et de reddition des comptes est devenu une exigence citoyenne. Son intervention à ce forum n’effacera pas les critiques, mais elle aura eu le mérite de mettre en lumière un homme en quête d’une nouvelle légitimité, tentant de redéfinir son rôle dans le Gabon post-30 août.  

Alain-Claude Bilie-By-Nze prépare-t-il un retour en politique sous une autre forme ? Cherche-t-il à solder les comptes du passé pour mieux rebondir ? Si son avenir reste incertain, une chose est sûre : il ne veut plus être dans le silence.