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Sans papiers en règle, Ali Bongo bloqué en France depuis deux mois

L’ancien président gabonais, officiellement installé à Londres depuis mai 2025, se trouve contraint de prolonger son séjour en France en raison d’un problème de régularisation administrative pour entrer au Royaume-Uni. Depuis près de deux mois, Ali Bongo Ondimba ne peut regagner sa résidence londonienne. Son épouse, Sylvia Bongo, est, elle aussi, confrontée à des restrictions de déplacement. 

Ce qui devait être un déplacement ponctuel à Paris s’est transformé en séjour prolongé. Selon des informations révélées par Jeune Afrique, Ali Bongo Ondimba est actuellement dans l’impossibilité de retourner au Royaume-Uni, où il s’était établi avec sa famille après avoir quitté le Gabon au printemps 2025.

L’ancien chef de l’État, aperçu récemment dans la capitale française, séjourne dans sa propriété située avenue Foch. Mais derrière ces apparitions discrètes se cache une réalité administrative plus complexe : ses documents de voyage ne lui permettraient plus, en l’état, de franchir la frontière britannique.

Depuis avril 2025, les citoyens français doivent obtenir une autorisation électronique de voyage (ETA) ou un visa pour entrer au Royaume-Uni, au-delà de certaines conditions de durée. Or, le temps cumulé passé sur le sol britannique par l’ex-président aurait dépassé le seuil autorisé dans le cadre de ce dispositif simplifié.

Le départ d’Ali Bongo du Gabon, en mai 2025, était intervenu près de deux ans après le coup d’État du 30 août 2023 conduit par Brice Clotaire Oligui Nguema. Après plusieurs mois passés à Libreville à la suite de sa chute, l’ancien président avait finalement quitté le pays à la faveur d’une médiation régionale menée par le président angolais João Lourenço.

Installée dans le quartier londonien de Mayfair, la famille Bongo avait depuis multiplié les déplacements entre le Royaume-Uni et la France, notamment dans le cadre d’initiatives judiciaires engagées devant les juridictions françaises.

Ce nouvel épisode administratif intervient donc dans un moment où l’ancien président tente de reconfigurer sa situation personnelle et juridique en Europe.

La situation n’est pas plus simple pour Sylvia Bongo Ondimba. Restée à Londres, l’ancienne Première dame serait elle aussi confrontée à des restrictions liées aux règles de séjour. Ayant dépassé certaines limites de présence hors du territoire britannique, elle ne pourrait quitter le pays sans risquer de fragiliser son droit de retour, sauf obtention préalable d’un visa adapté.

Au-delà de l’aspect technique, l’épisode est politiquement révélateur. Celui qui a dirigé le Gabon pendant quatorze ans se retrouve aujourd’hui confronté aux exigences ordinaires du droit migratoire. Une situation qui souligne la perte de statut attachée à l’exercice du pouvoir.

Dans l’entourage de l’ancien président, on minimise toutefois la portée de l’incident. « Il ne s’agit ni d’une sanction ni d’un contentieux politique, mais d’une formalité à régulariser », assure-t-on.

Reste que ce contretemps fragilise une organisation familiale déjà marquée par l’exil et les procédures judiciaires en cours.

En attendant l’issue de la demande de visa déposée auprès des autorités britanniques, Ali Bongo demeure à Paris. Un exil provisoire, suspendu à une décision administrative.