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Gabon–Émirats arabes unis : trois accords stratégiques pour accélérer la transformation économique

Abu Dhabi, 6 février 2026. En marge de rencontres bilatérales de haut niveau, le Gabon a signé trois mémorandums d’entente dans les secteurs des mines, du numérique et de la logistique. Ces accords, conclus avec des entreprises basées aux Émirats arabes unis, s’inscrivent dans la stratégie affichée par Libreville de diversifier son économie, moderniser l’action publique et renforcer son insertion dans les chaînes de valeur internationales.

La séquence s’est déroulée à Abu Dhabi, dans le prolongement des échanges entre le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema et les autorités émiriennes. Les signatures ont été portées par trois membres du gouvernement gabonais, chacun dans son secteur de compétence, illustrant une approche multisectorielle de la coopération.
Selon la communication officielle, ces partenariats visent à attirer des investissements structurants tout en favorisant la création de valeur locale et le respect des standards internationaux, notamment environnementaux et sociaux. Libreville cherche ainsi à consolider son image de partenaire stable et crédible auprès des investisseurs du Golfe, déjà actifs sur le continent africain dans les infrastructures, l’énergie et les nouvelles technologies.
Dans le secteur minier, le ministre des Mines et des Ressources géologiques, Sosthène Nguema Nguema, a signé un mémorandum d’entente avec la société ADMOG Gold, représentée par son directeur général Omar El-Alfi. L’accord porte sur l’exploration, le développement et la commercialisation de l’or dans les zones minéralisées du territoire gabonais.
ADMOG Gold, basée aux Émirats arabes unis, met en avant une approche de « développement minier responsable », alignée sur les normes environnementales et sociales internationales. Pour le Gabon, qui cherche à mieux valoriser son potentiel aurifère encore largement sous-exploité, l’enjeu est double : accroître les recettes minières hors manganèse et structurer une filière plus formelle.
Un responsable du ministère des Mines confie que « l’objectif n’est pas seulement d’extraire, mais de créer un écosystème autour de l’activité aurifère, avec des retombées en matière d’emplois, de formation et de fiscalité ». Reste à préciser, dans les phases ultérieures, les volumes d’investissement, le calendrier des travaux et la part de transformation locale.
Deuxième pilier de ces accords : le numérique. Le ministre de l’Économie numérique, Mark Alexandre Doumba, a procédé au renouvellement d’un mémorandum d’entente avec Presight, filiale du groupe technologique émirien G42. L’entreprise est spécialisée dans l’analytique avancée, l’intelligence artificielle et le traitement de grands volumes de données.
Ce partenariat vise à accompagner la transformation digitale de l’administration gabonaise et de certains services stratégiques de l’État. L’ambition affichée est de moderniser les outils d’aide à la décision publique, d’optimiser la gestion des données et de renforcer la souveraineté numérique du pays.
« La donnée devient une infrastructure critique au même titre que les routes ou l’énergie. Nous voulons que l’État gabonais dispose de capacités d’analyse et de pilotage de haut niveau », explique un cadre du ministère, évoquant des applications possibles dans la planification, la gestion des finances publiques ou encore les services aux usagers.
Des observateurs soulignent toutefois que ces projets impliquent des enjeux sensibles de gouvernance des données, de cybersécurité et de formation des ressources humaines locales, qui conditionneront leur impact réel à moyen terme.
Le troisième mémorandum d’entente concerne le secteur portuaire et logistique. Il a été signé par le ministre d’État en charge des Transports et de la Logistique, Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, avec Abu Dhabi Ports Company P.J.S.C., acteur international présent dans la gestion de ports, de zones économiques et de corridors commerciaux.
L’accord ouvre la voie à une coopération dans le développement d’infrastructures portuaires et de solutions logistiques intégrées. Pour le Gabon, dont l’économie repose en grande partie sur l’exportation de matières premières, l’amélioration des performances logistiques constitue un enjeu central de compétitivité.
« La logistique est un maillon déterminant de la transformation économique. Réduire les coûts et les délais de transport, c’est renforcer l’attractivité du pays pour l’industrie et le commerce », souligne un expert du secteur maritime en Afrique centrale. L’implication d’un opérateur international pourrait aussi favoriser le transfert de savoir-faire et l’intégration du Gabon dans des réseaux commerciaux plus larges.
Pris ensemble, ces trois accords traduisent une ligne stratégique : attirer des partenaires étrangers capables d’intervenir à la fois dans les secteurs traditionnels, comme les mines et les ports, et dans les domaines à forte intensité technologique, à l’image de l’intelligence artificielle.
Ils s’inscrivent également dans un rapprochement plus large entre le Gabon et les Émirats arabes unis, dont les investissements en Afrique se diversifient rapidement. « Nous voulons des partenariats équilibrés, orientés vers des résultats concrets et durables », résume un membre de la délégation gabonaise.
La portée réelle de ces mémorandums dépendra toutefois des contrats qui suivront, des montants effectivement engagés et de la capacité de l’État gabonais à encadrer ces projets pour maximiser les retombées locales. Autant d’éléments qui seront scrutés dans les mois à venir, alors que Libreville affiche sa volonté d’accélérer la transformation structurelle de son économie.