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Gabon : derrière le Drapeau, Oligui Nguema réaffirme son pari sur l’unité nationale

À Libreville, la 17ᵉ édition de la Journée nationale du Drapeau s’est tenue dimanche 9 août à l’esplanade du Palais Rénovation, sous la présidence de Brice Clotaire Oligui Nguema. Derrière le cérémonial républicain, le chef de l’État a réaffirmé son appel à l’unité, au civisme et à la construction d’un Gabon « nouveau », dans un contexte où le pouvoir entend faire du patriotisme un levier de cohésion nationale.

Le vert, le jaune et le bleu étaient partout. Sur l’esplanade du Palais Rénovation comme dans les différents sites retenus à travers le pays, le drapeau gabonais a occupé le centre de la 17ᵉ édition de sa journée nationale. Instituée en 2009, cette célébration entend désormais dépasser le seul cadre protocolaire pour s’inscrire parmi les grands rendez-vous de la vie républicaine.

Placée sous le thème « Un Drapeau, une Nation unie : ensemble, bâtissons le Gabon nouveau », la cérémonie de Libreville a réuni autour du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, la Première Dame Zita Oligui Nguema, les membres du gouvernement, les responsables des Forces de défense et de sécurité, les présidents des institutions, le corps diplomatique ainsi que plusieurs cadres de l’administration.

La séquence officielle a mêlé protocole républicain, traditions et expressions culturelles. Après l’allocution du ministre des Sports, du Rayonnement culturel et des Arts, chargé de la Vie associative, un rituel traditionnel d’ouverture a été conduit par des représentants du peuple autochtone de la FENAPAG.

La cérémonie d’allégeance au drapeau a ensuite constitué l’un des temps forts de la journée. Elle a été accompagnée de prestations des enfants de troupe du Prytanée militaire de Libreville, de la Musique des Forces de défense et de sécurité et de la Chorale mixte des Forces de défense et de sécurité.

Le message recherché est clair : le drapeau n’est pas présenté uniquement comme un emblème national, mais comme le point de rencontre entre histoire, souveraineté, culture et citoyenneté.

Dans cette logique, la journée se veut un rappel des fondamentaux de la République : « civisme, patriotisme et unité nationale ». Des valeurs que le pouvoir souhaite désormais inscrire davantage dans le quotidien des citoyens.

L’édition 2026 marque également une évolution dans le format de la célébration. Pour la première fois, selon le communiqué officiel, les cérémonies ont été organisées simultanément dans les 15 arrondissements du Grand Libreville, avec la Place de l’Indépendance comme site principal, mais également dans les chefs-lieux des provinces.

Cette territorialisation répond à une volonté affichée de donner à la Journée du Drapeau une dimension véritablement nationale.

Autre nouveauté mise en avant : la participation des chefs de quartiers et de regroupements du Grand Libreville au rituel d’allégeance au drapeau. Leur implication entend consacrer davantage leur rôle dans la cohésion sociale et la gouvernance de proximité.

Le dispositif s’inscrit dans le cadre de la reconnaissance de ces fonctions sous la Ve République, notamment à travers le décret n°254/PR/MISD.

Au-delà du symbole, cette 17ᵉ édition s’inscrit dans la continuité du discours politique porté par Brice Clotaire Oligui Nguema depuis son accession à la présidence.

Le communiqué rappelle notamment les orientations formulées par le chef de l’État dans son adresse à la Nation du 31 décembre 2025, puis dans son discours sur l’état de la Nation du 15 juin 2026.

Le président y défend une ambition articulée autour d’un Gabon présenté comme prospère, souverain et solidaire. La Journée du Drapeau devient ainsi un nouvel espace pour rappeler que la transformation du pays ne saurait, selon le pouvoir, reposer uniquement sur l’action des institutions.

Elle doit également engager les citoyens. « Chaque citoyenne et chaque citoyen doit prendre pleinement sa part à cet effort collectif », résume le message porté à l’occasion de cette édition.

Cette approche traduit une volonté de faire du patriotisme une notion concrète : respect des institutions, participation à la vie collective, préservation du patrimoine commun et renforcement du lien entre les citoyens et l’État.

Créée par le décret n°0860/PR/MCJSL du 2 décembre 2009, en référence à la loi n°54/60 du 9 août 1960 portant modification de l’emblème national, la Journée nationale du Drapeau s’est progressivement installée dans le calendrier républicain gabonais.

Mais l’enjeu de l’édition 2026 semble désormais être celui de son appropriation.

En multipliant les lieux de célébration et en associant davantage les acteurs locaux, les autorités cherchent à faire du drapeau un objet de rassemblement qui dépasse les seuls cercles institutionnels. La cérémonie d’allégeance des chefs de quartiers participe de cette stratégie : rapprocher le symbole national des communautés et des territoires.

Dans un pays marqué ces dernières années par de profondes recompositions politiques et institutionnelles, la référence à l’unité nationale revêt également une portée particulière.

Le pouvoir veut faire de cette unité un socle de la nouvelle étape politique ouverte depuis la transition et consolidée par l’installation de la Ve République.

Reste désormais la question de l’après-cérémonie. Une journée nationale peut rappeler les symboles et les valeurs de la République ; elle ne suffit pas, à elle seule, à créer une culture civique durable.

C’est précisément là que se situe le principal défi de cette célébration : transformer l’attachement au drapeau en comportements citoyens et en engagement collectif.

Pour le gouvernement, la Journée nationale du Drapeau doit donc être davantage qu’un rendez-vous annuel. Elle se veut le reflet d’une ambition politique plus large : construire une identité nationale commune autour de valeurs patriotiques, culturelles et républicaines.

À l’esplanade du Palais Rénovation, dimanche, le rituel a donc été respecté. Mais derrière les couleurs du drapeau, le message politique était surtout celui-ci : le Gabon nouveau que les autorités appellent de leurs vœux devra aussi se construire dans les quartiers, les provinces et dans le quotidien des citoyens.