À Libreville, l’amélioration de l’approvisionnement en électricité passe aussi par la modernisation des infrastructures de transport. Dans cette optique, un projet d’augmentation des capacités du Réseau Interconnecté de Libreville (RIC) est en cours, avec l’ambition de lever l’un des principaux goulots d’étranglement du système énergétique de la capitale. Portée par la société Axis Engineering, en partenariat avec l’entreprise américaine CTC Global, l’initiative s’inscrit dans les priorités du ministère de l’Accès universel à l’Eau et à l’Énergie (MAUEE), qui en a fait l’un des projets majeurs de ses cent premiers jours d’action.
Au cœur de ce projet se trouve la ligne électrique reliant la centrale thermique d’Owendo au poste de Bisségué, un axe stratégique pour l’alimentation de Libreville et de ses environs. Aujourd’hui, cette ligne ne peut transporter qu’environ 90 mégawatts d’électricité. Une limite technique qui contraste avec les capacités de production disponibles. À titre d’exemple, la centrale flottante exploitée par Karpowership à Owendo dispose à elle seule d’une puissance pouvant atteindre 150 mégawatts.
Pour réduire cet écart entre production et capacité de transport, la solution retenue repose sur l’installation de conducteurs de nouvelle génération. Développés par CTC Global et proposés localement par Axis Engineering, ces câbles dits ACCC se distinguent par un cœur en fibre de carbone. Plus légers et plus performants que les conducteurs traditionnels, ils permettent d’augmenter significativement la capacité de transit de l’électricité.
Grâce à cette technologie, la ligne concernée pourrait atteindre une capacité de transport d’environ 200 mégawatts, soit plus du double de sa capacité actuelle. L’un des avantages majeurs du dispositif réside dans le fait qu’il ne nécessite ni remplacement des pylônes existants ni ouverture de nouveaux couloirs de passage. Autrement dit, l’amélioration des performances du réseau se fait en s’appuyant sur les infrastructures déjà en place.
Autre particularité du chantier : les travaux sont réalisés sous tension. Cette technique permet de procéder au remplacement des conducteurs sans interrompre l’alimentation électrique. Une contrainte importante dans un contexte où les délestages restent une préoccupation pour les usagers et les autorités. En maintenant la continuité du service, la Société d’Énergie et d’Eau du Gabon (SEEG) peut poursuivre sa desserte sans perturbations supplémentaires.
Pour Axis Engineering, partenaire local du projet, l’enjeu est aussi de démontrer la pertinence d’une solution technologique innovante capable d’accompagner les ambitions énergétiques des autorités gabonaises. L’entreprise affirme ainsi contribuer à soutenir l’un des piliers de la politique énergétique portée par le Président de la République à travers le ministère de l’Accès universel à l’Eau et à l’Énergie.
Cette collaboration s’inscrit également dans une perspective plus large. Choisie par la SEEG, Axis Engineering participe aux réflexions liées au plan de développement du réseau électrique national pour la période 2026-2035. Dans ce cadre, la modernisation des lignes existantes apparaît comme une option stratégique pour renforcer la capacité du réseau sans engager des investissements massifs dans la construction de nouvelles infrastructures.
Déjà déployée sur plus d’un million de kilomètres de lignes à travers le monde, la technologie des conducteurs à cœur en fibre de carbone est présentée comme une solution éprouvée pour moderniser les réseaux électriques. Au Gabon, elle pourrait à terme permettre d’augmenter la capacité de transit de plusieurs lignes à haute tension en utilisant les infrastructures existantes.
Dans un pays où la question de l’accès fiable à l’électricité demeure centrale pour le développement économique et social, ce type d’innovation pourrait constituer un levier important pour améliorer durablement la performance du réseau énergétique national.







