Pendant plusieurs mois, l’ancien président gabonais Ali Bongo Ondimba vivait à Paris dans une situation pour le moins singulière : celle d’un ancien chef de l’État privé de document de voyage officiel, et de facto limité dans ses déplacements à l’étranger. Une anomalie administrative qui appartient désormais au passé. Selon les informations consultées par notre rédaction, l’ex-président dispose à nouveau d’un passeport diplomatique gabonais, délivré après l’accomplissement des formalités requises et en conformité avec son statut institutionnel d’ancien chef de l’État.
La régularisation de cette situation met fin à plusieurs mois d’incertitude autour de la mobilité internationale de l’ancien locataire du palais du Bord de mer. Elle intervient alors que des copies du nouveau document ont récemment circulé dans certains cercles, confirmant que le dossier administratif de l’ex-président a bien été traité par les autorités compétentes. Pour plusieurs observateurs, cette délivrance constitue moins un privilège qu’un rappel de principe : dans un État de droit, les droits attachés à une fonction passée ne sauraient être suspendus en dehors des cadres légaux prévus.

Cet épisode prolonge une séquence entamée au début de l’année 2026, lorsque nous révélions qu’Ali Bongo Ondimba se trouvait bloqué à Paris, incapable de rejoindre sa résidence londonienne en raison de difficultés de régularisation administrative liées à son entrée sur le territoire britannique. Installé depuis mai 2025 au Royaume-Uni après son départ du Gabon, l’ancien président s’était retrouvé confronté au durcissement des conditions d’accès au territoire britannique, notamment avec la mise en place de nouvelles obligations d’autorisation électronique de voyage. Son séjour temporaire dans sa propriété parisienne de l’avenue Foch s’était alors prolongé bien au-delà du prévu.
Au-delà du seul cas d’Ali Bongo Ondimba, la délivrance de ce passeport revêt une portée symbolique plus large. Elle intervient dans un contexte où les nouvelles autorités gabonaises cherchent à afficher une normalisation institutionnelle et un respect affiché des procédures administratives, y compris à l’égard d’anciens dirigeants déchus. Un signal politique discret, mais lourd de sens, dans un pays où la rupture avec les pratiques d’exception est régulièrement érigée en marqueur de gouvernance.
Pour l’ancien président, ce document ouvre désormais la voie à une liberté de circulation retrouvée, à l’heure où il poursuit depuis l’Europe la réorganisation de sa situation personnelle, patrimoniale et judiciaire après sa chute lors du coup d’État du 30 août 2023. Deux ans et demi après avoir quitté le pouvoir, le chapitre institutionnel d’Ali Bongo Ondimba continue ainsi de s’écrire loin de Libreville, mais toujours sous le regard attentif du Gabon politique.







