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Face à la grève des enseignants, Oligui Nguema promet de “régler les problèmes”

Libreville – Alors que la grève des enseignants entame sa sixième semaine et continue de paralyser le système éducatif public gabonais, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a choisi de s’adresser directement aux acteurs du secteur depuis les chantiers de construction de logements réservés aux enseignants. À l’occasion de visites successives au Lycée Technique National Omar Bongo et au lycée Léon Mba, il a invité les enseignants à  repartir d’abord en classe , tout en réaffirmant son engagement à « régler les problèmes » au cœur du conflit social qui fragilise l’année scolaire.

La mobilisation des enseignants, initiée en décembre 2025 et intensifiée en janvier 2026, trouve son origine dans des revendications anciennes et cumulées. Syndicats et collectifs:  parmi lesquels SOS Éducation la Base, le Syndicat des enseignants de l’Éducation nationale (SENA) et SYNETECPRO; dénoncent notamment l’absence de statut clair, les retards de carrière, les avancements non effectifs et l’insuffisance des mesures de reconnaissance administrative pour des milliers de personnels. Cette paralysie, qui touche aussi bien les lycées que les écoles normales ou techniques, a laissé de nombreuses salles de classe vides à travers tout le pays.

Face à cette crise inédite, l’exécutif a entamé depuis plusieurs semaines une série de négociations et de gestes administratifs et budgétaires en vue d’apaiser les tensions. Le gouvernement gabonais a ainsi signé, le 19 janvier 2026, un protocole d’accord avec les principales organisations syndicales et collectifs enseignants afin de suspendre le mouvement de grève, sous réserve de la mise en œuvre effective des engagements pris.

Au cœur de cet accord figurent des engagements chiffrés jugés significatifs par les autorités. Une enveloppe de 16 milliards de francs CFA a été mobilisée pour répondre à une partie des revendications portant sur la régularisation administrative et la mise en solde ou en présalaire de milliers de personnels. Concrètement, 1 810 enseignants anciennement bénévoles ont été mis en présalaire, et des opérations de mise en solde ou de présalaire ont été engagées pour plusieurs centaines d’autres catégories de personnels sortants des écoles normales. Par ailleurs, 4 000 situations administratives sur 6 574 dossiers recensés ont déjà été traitées, soit plus de 60 % du total, ouvrant la voie à des titularisations, reclassements et avancements attendus de longue date.

Dans ce contexte, le président Oligui Nguema a rappelé que les actions déjà lancées par l’État ne sauraient se substituer à la reprise effective des cours, condition sine qua non selon lui pour achever le processus de sortie de crise. « Faites le maximum pour que les enfants reprennent les cours, je réglerai les problèmes », a-t-il insisté devant des enseignants et des élèves réunis dans les établissements visités, soulignant à la fois l’urgence éducative et la volonté de l’exécutif de trouver une solution durable.

Malgré ces avancées et le lancement de structures de suivi-évaluation conjointes entre l’administration et les syndicats, le mouvement n’a pas encore été levé. La dernière assemblée générale de SOS Éducation la Base, tenue début février, a décidé de maintenir la grève dans la majorité des provinces, jugeant les réponses gouvernementales encore insuffisantes sans garanties supplémentaires, telles que la publication de listes complètes de personnels à régulariser ou des assurances sur le paiement des vacations.

Cette crise éducative, qui mêle revendications statutaires profondes et inquiétudes pour l’avenir des élèves, constitue un test majeur pour l’exécutif. Entre gestes budgétaires concrets, dialogues institutionnels et pression syndicale, l’issue de cette mobilisation aura des répercussions durables sur le système éducatif gabonais et sur la confiance entre l’État et ses fonctionnaires.