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Suspension des réseaux sociaux: « Ce n’est pas une sanction, c’est un signal fort envoyé à la société »

Invité des antennes de Radio France Internationale ce 19 février 2026, Théophane Nzame Nze Biyoghe, porte-parole de la présidence de la République, a défendu la suspension de certains réseaux sociaux au Gabon en la présentant comme une mesure de responsabilité et non comme une restriction arbitraire des libertés.
« Ce n’est pas une sanction, c’est simplement un signal, un signal fort qui est envoyé pour poser ce débat », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité d’ouvrir une réflexion nationale sur l’usage des plateformes numériques. Selon lui, la décision annoncée par la Haute Autorité de la Communication s’inscrit dans un processus de maturation engagé depuis plusieurs semaines, voire plusieurs mois, autour des enjeux liés à la désinformation et à la cohésion sociale.
Pour le porte-parole, les réseaux sociaux ne peuvent plus être considérés comme de simples outils privés d’expression. « Les réseaux sociaux sont aujourd’hui considérés comme une extension de l’espace public », a-t-il affirmé, estimant qu’à ce titre, leur usage doit être encadré avec la même exigence de responsabilité que tout autre espace public.
Il rejette par ailleurs l’idée selon laquelle le pays serait « en danger à cause des seuls réseaux sociaux », mais souligne que ces plateformes peuvent constituer « un terrain qui permet de structurer un certain nombre de facteurs potentiellement déstabilisants », notamment à travers des campagnes de désinformation organisées.
Interrogé sur le caractère général des motifs avancés par la Haute Autorité de la Communication ( évoquant des risques de déstabilisation des institutions et d’atteinte à l’unité nationale)  Théophane Nzame Nze Biyoghe a appelé à ne pas réduire la mesure à une lecture alarmiste. Il y voit plutôt une volonté de prévenir les dérives et d’encourager un débat « constructif » sur les grandes questions d’actualité et sur le vivre-ensemble.
Le porte-parole a également insisté sur la portée temporaire de la décision. « C’est une suspension, et en la matière les mots ont un sens », a-t-il rappelé, refusant toutefois de spéculer sur une date précise de levée. Il évoque la perspective d’« une œuvre de légifération » destinée à rationaliser et encadrer l’usage des réseaux sociaux dans un cadre plus structuré.
Si la mesure impacte l’ensemble de la population et certaines activités économiques, l’exécutif estime qu’elle doit être comprise comme un temps d’arrêt nécessaire. « L’expression qui y accourt doit être une expression constructive », a-t-il souligné, mettant en avant la préservation de la cohésion sociale comme objectif central.
À travers cette intervention sur Radio France Internationale, la présidence cherche ainsi à installer un narratif clair : la suspension n’est pas une fin en soi, mais le point de départ d’un débat national sur la responsabilité numérique dans un contexte où les réseaux sociaux jouent un rôle déterminant dans la structuration de l’opinion publique.