Depuis le 1er février 2026, la Société Nationale Immobilière ouvre ses guichets pour permettre aux familles gabonaises de régulariser leur situation foncière à Essassa. Une mesure sociale inédite, annoncée par le président Brice Clotaire Oligui Nguema, qui fixe des tarifs historiquement bas et une date butoir au 31 mai 2026. Guide pratique pour comprendre qui est concerné, à quelles conditions, et ce que cette opération représente pour l’avenir du logement au Gabon.
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5 100 familles concernées dans le Grand Libreville |
600 000 FCFA tarif plancher — jamais pratiqé dans l’histoire du logement gabonais |
31 mai 2026 date butoir pour bénéficier des tarifs sociaux |
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1 700 ha superficie totale du projet Essassa-Bikélé |
30 000 parcelles prévues à terme |
500 000 habitants attendus dans la ville nouvelle |
UNE AMBITION PRÉSIDENTIELLE, UNE MESURE CONCRÈTE
Il y a des années que les habitants d’Essassa attendaient cette décision. Des familles qui ont construit leur maison, pierre après pierre, sur des terrains de la Société Nationale Immobilière, sans jamais pouvoir obtenir un titre foncier en bonne et due forme. Des parents qui ne pouvaient pas transmettre un bien à leurs enfants. Des ménages qui vivaient dans l’incertitude juridique, incapables de contracter un emprunt bancaire ou de vendre leur propriété en toute légalité.
Le 28 janvier 2026, le ministre du Logement Mays Mouissi, en déplacement à Malibé et à Essassa, annonce officiellement la mesure : sur instruction du président de la République, chef de l’État, chef du gouvernement Brice Clotaire Oligui Nguema, une opération de régularisation foncière exceptionnelle est lancée. Cinq jours plus tard, le 1er février, les guichets de la SNI ouvrent leurs portes.
Le signal politique est fort : pour la première fois dans l’histoire du logement gabonais, l’État propose à des occupants de bonne foi d’obtenir un titre foncier sécurisé à des prix que personne n’avait encore pratiqués. 600 000 FCFA pour une parcelle jusqu’à 2 000 m². 1 200 000 FCFA pour une parcelle allant jusqu’à 4 999 m². Des montants qui, à titre de comparaison, représentent une fraction du coût habituel d’un acte notarié en procédure ordinaire.
Cette démarche s’inscrit dans un projet bien plus vaste : faire d’Essassa-Bikélé le chantier urbain de référence du Gabon. Sur 1 700 hectares — 1 200 à Essassa, 500 à Bikélé —, la SNI ambitionne de construire une ville nouvelle capable d’accueillir 500 000 habitants, dotée d’équipements publics, d’espaces verts, d’une route à 2×2 voies sur huit kilomètres et d’un pont de cent mètres reliant les deux zones. L’une des plus grandes réserves foncières du pays, enfin mise en valeur.
QUI EST CONCERNÉ ? LES CRITÈRES EN DÉTAIL
La mesure de régularisation est précise dans son périmètre. Elle ne vise pas l’ensemble des occupants du site, mais ceux qui remplissent des critères objectifs, vérifiables et équitables. Le tableau ci-dessous permet à chaque famille de situer sa situation.
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Situation |
Eligible ? |
Tarif applicable |
Délai |
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Maison achevée, parcelle ≤ 2 000 m² |
✓ OUI |
600 000 FCFA |
Avant le 31 mai 2026 |
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Maison en cours de finition, ≤ 2 000 m² |
✓ OUI |
600 000 FCFA |
Avant le 31 mai 2026 |
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Maison achevée ou en cours, 2 001–4 999 m² |
✓ OUI |
1 200 000 FCFA |
Avant le 31 mai 2026 |
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Terrain nu, non construit |
✗ NON |
Hors dispositif |
N/A |
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Simple délimitation ou clôture seule |
✗ NON |
Hors dispositif |
N/A |
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Parcelle ≥ 5 000 m² (quelle que soit la construction) |
✗ NON |
Hors dispositif |
N/A |
Source : Note de présentation SNI — Lotissement Essassa, janvier 2026. Tarifs officiels affichés par la SNI.
Le critère central est le cadre bâti : la parcelle doit être occupée par une construction réelle, achevée ou en cours de finition. Les terrains nus, les simples délimitations ou les clôtures seules ne sont pas éligibles. De même, la mesure plafonne la surface régularisable à 4 999 m² : au-delà de ce seuil, aucune régularisation ne peut intervenir dans le cadre de ce dispositif.
Cette définition n’est pas arbitraire. Elle traduit une logique de justice sociale : protéger les familles qui ont réellement bâti leur foyer, et éviter que le bénéfice de la mesure ne soit capté par des acteurs ayant accumulé de vastes surfaces à des fins spéculatives.
COMBIEN ÇA COÛTE, ET COMMENT PROCÉDER ?
Les tarifs appliqués sont fixés par décision gouvernementale et ne peuvent être modifiés par les agents de la SNI. Ils sont uniques et s’appliquent indépendamment de l’ancienneté de l’occupation ou de l’historique du terrain.
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TARIFS OFFICIELS DE LA RÉGULARISATION Parcelle de 0 à 2 000 m² → 600 000 FCFA Parcelle de 2 001 à 4 999 m² → 1 200 000 FCFA Ces montants couvrent l’intégralité de la procédure de régularisation. Date butoir pour bénéficier de ces tarifs : 31 mai 2026. |
La procédure est volontairement simplifiée. Quatre étapes suffisent :
1. Se rendre dans l’une des agences SNI du Grand Libreville, ouvertes de 7h30 à 18h00 du lundi au vendredi. Une cellule dédiée aux occupants d’Essassa est également disponible au siège de Likouala depuis le 27 avril 2026.
2. Présenter les justificatifs d’occupation (photos de la construction, tout document attestant de la présence du cadre bâti) et les pièces d’identité du ménage.
3. S’acquitter du montant correspondant à la superficie de la parcelle, selon le barème officiel.
4. Recevoir, à l’issue du traitement du dossier, un titre foncier sécurisé au nom du ménage.
Aucune démolition arbitraire n’est prévue. Les familles qui ont bâti leur maison de bonne foi sont précisément les bénéficiaires de la mesure. La SNI a confirmé que les ménages éligibles ne font l’objet d’aucune procédure coercitive tant que le processus de régularisation est engagé.
5 100 FAMILLES, CINQ ZONES, UNE SEULE MESURE
L’opération de régularisation ne se limite pas à Essassa. Elle couvre l’ensemble du Grand Libreville et concerne au total 5 100 familles, réparties selon la logique géographique suivante :
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Zone |
Familles concernées |
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Owendo |
2 000 familles |
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Essassa |
1 500 familles |
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Akanda |
1 000 familles |
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Bikélé |
500 familles |
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Nkok |
100 familles |
Essassa concentre à elle seule 1 500 des dossiers prévus, ce qui en fait l’une des zones les plus concernées de l’opération. Le 1er avril 2026, le vice-président du gouvernement Hermann Immongault a officiellement lancé la commercialisation de 2 500 parcelles viabilisées sur le site, dont 1 500 à Essassa, à un prix de 5 500 FCFA/m², soit 2 750 000 FCFA pour une parcelle standard de 500 m².
LE PROJET ESSASSA-BIKÉLÉ : AU-DELÀ DE LA RÉGULARISATION
La régularisation n’est que le premier acte d’un projet bien plus ambitieux. Essassa-Bikélé, c’est 1 700 hectares de réserve foncière, l’une des plus grandes du Gabon, que l’État entend transformer en véritable ville nouvelle.
Le programme prévoit notamment : la construction d’une route à 2×2 voies sur une emprise de vingt-deux mètres et huit kilomètres de long, un pont de cent mètres reliant Bikélé à Essassa, l’aménagement d’espaces publics et d’aires de jeux, la réservation de quatre hectares pour le ministère de la Santé, de quatre hectares pour l’éducation nationale, et d’un hectare pour un commissariat. Un programme de 15 000 logements doit également voir le jour sur 700 hectares à terme.
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« Essassa-Bikélé, ce sont 1 700 hectares, 30 000 parcelles à terme, une route à 2×2 voies, un pont — et la promesse que 500 000 Gabonais puissent devenir propriétaires dans leur propre pays. » |
Au 26 mars 2026, la SNI indiquait que 5 970 parcelles étaient en cours d’aménagement à l’échelle nationale. L’objectif affiché est ambitieux : mettre sur le marché au moins 500 nouvelles parcelles toutes les deux semaines.
Ce calendrier dit quelque chose d’essentiel sur la nature du projet : il ne s’agit pas seulement de régulariser des situations passées, mais de construire, pour la première fois à cette échelle, une offre foncière structurée et sécurisée, accessible à une génération de Gabonais qui n’a jamais eu accès à la propriété.
CE QUE CE TITRE FONCIER CHANGE CONCRÈTEMENT
Obtenir un titre foncier, ce n’est pas seulement un document. C’est un changement de statut juridique qui ouvre des droits concrets, souvent inaccessibles aux occupants informels.
1. Sécurité de l’occupation : Plus aucun risque de contestation de la propriété par un tiers. Le titre foncier est opposable à tous.
2. Transmission patrimoniale : La maison peut être héritée, donnée ou vendue dans un cadre légal clair.
3. Accès au crédit bancaire : Le bien peut servir de garantie hypothécaire pour obtenir un prêt immobilier ou professionnel.
4. Valeur marchande officielle : Un bien titré vaut davantage sur le marché qu’un bien occupé sans titre.
5. Accès aux services urbains : L’adressage officiel facilite le raccordement à l’eau, à l’électricité et aux services publics.
Pour des dizaines de milliers de familles gabonaises, ce passage du statut d’occupant à celui de propriétaire représente un changement de vie. C’est la raison pour laquelle la date du 31 mai 2026 a une importance particulière : passé ce délai, les tarifs sociaux n’auront plus cours, et la procédure reprendra dans un cadre tarifaire ordinaire, significativement plus élevé.
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EN PRATIQUE : OÙ ET COMMENT SE RENDRE ? Agences SNI du Grand Libreville Horaires : 7h30 – 18h00 du lundi au vendredi Cellule dédiée Essassa : siège SNI de Likouala — ouverte depuis le 27 avril 2026 Site officiel : www.sni-gabon.com Contact : snigabon@sni.ga | 01 76 05 81 / 01 76 05 92 Informations sur la commercialisation : mays-mouissi.com |
La régularisation foncière d’Essassa est une mesure sociale sans précédent dans l’histoire récente du Gabon. Elle répond à une attente légitime de millions de citoyens qui ont construit leur vie sur des terrains sans jamais pouvoir se considérer officiellement propriétaires. Elle s’inscrit dans un projet urbain d’envergure, porté par la vision du président Oligui Nguema, qui érige l’accès au foncier au rang de priorité nationale.
Les conditions sont claires, les tarifs fixés, les guichets ouverts. La fenêtre est limitée : il reste jusqu’au 31 mai 2026 pour bénéficier des tarifs sociaux. Après cette date, l’opportunité ne se représentera pas dans les mêmes conditions.







