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Gabon : 114 milliards de FCFA pour une cimenterie à Malibé, un pari industriel d’un million de tonnes par an

L’ANPI-Gabon annonce, ce mardi 20 octobre, la pose de la première pierre d’une ligne de production de clinker et d’une cimenterie intégrées au projet Mondah Green Beach, à Malibé, près de Libreville. Porté avec des partenaires chinois, l’investissement annoncé atteint au moins 114 milliards de FCFA. À terme, le complexe vise une capacité d’environ un million de tonnes de ciment par an et la création de 200 emplois directs. Reste à concrétiser ces ambitions industrielles.

Le projet Mondah Green Beach franchit une nouvelle étape. À Malibé, dans la périphérie nord de Libreville, la pose de la première pierre d’un complexe industriel consacré au clinker et au ciment doit marquer le lancement du premier chantier du volet « Industries structurantes » du projet. L’Agence nationale de promotion des investissements du Gabon (ANPI-Gabon) a confirmé la tenue de la cérémonie dans une publication diffusée la veille, en partenariat avec les autorités et Hope Global Investment.

Selon GabonReview, le coût de l’investissement est estimé à au moins 114 milliards de FCFA. Le projet associe une ligne de production de clinker et une cimenterie, avec l’ambition de renforcer les capacités industrielles nationales dans un secteur étroitement lié à la construction, aux infrastructures et au développement urbain.

L’initiative s’inscrit également dans le prolongement des engagements économiques issus du Forum Gabon-Chine, organisé en marge du sommet du Forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC) en 2024. Elle traduit la volonté affichée des autorités de mobiliser les investissements étrangers au service de la diversification économique et de la transformation locale des ressources.

Le clinker, maillon stratégique de la production de ciment

Au cœur du projet se trouve le clinker, un matériau intermédiaire obtenu par cuisson à haute température de matières premières minérales et utilisé dans la fabrication du ciment. Sa production constitue une étape industrielle importante, dont la maîtrise locale peut contribuer à limiter la dépendance aux approvisionnements extérieurs.

D’après les données rapportées par GabonReview, la ligne industrielle devrait traiter jusqu’à 3 500 tonnes de clinker par jour, tandis que la cimenterie viserait une capacité annuelle d’au moins un million de tonnes. Ces volumes, s’ils sont atteints, pourraient renforcer l’offre disponible sur le marché gabonais et contribuer à sécuriser l’approvisionnement des entreprises du bâtiment et des travaux publics.

Hope Global Investment et Conch Investment Holding, société basée à Hong Kong, sont citées parmi les partenaires associés à la réalisation et à l’exploitation du complexe. Les informations disponibles ne détaillent toutefois pas l’ensemble du montage financier, la répartition des engagements entre les partenaires ni les modalités précises de financement.

L’enjeu dépasse donc la seule construction d’une usine. Il s’agit de déterminer dans quelle mesure cette nouvelle capacité pourra s’intégrer durablement à la chaîne d’approvisionnement du secteur, depuis l’accès aux matières premières jusqu’à la distribution du ciment.

200 emplois directs annoncés, des retombées encore attendues

Le projet prévoit la création d’au moins 200 emplois directs, avec une priorité annoncée pour la main-d’œuvre et les entreprises gabonaises. Des actions de formation et de transfert de compétences sont également évoquées.

Pour les populations de Malibé et des environs, les retombées potentielles concernent notamment les possibilités de recrutement, le développement de prestations locales et l’émergence d’activités connexes autour du site industriel. Mais ces bénéfices restent conditionnés à l’avancement effectif du chantier, à la mise en service des installations et à la politique de recrutement de l’exploitant.

La capacité de production annoncée ne garantit pas non plus une baisse automatique des prix du ciment. L’évolution des tarifs dépendra de plusieurs facteurs : les coûts de production, l’énergie, le transport, la disponibilité des matières premières, les conditions de distribution et le niveau de la demande.

Une production locale accrue pourrait réduire certaines dépendances extérieures, mais son effet sur les prix devra être évalué à partir des coûts réels et des conditions de commercialisation. Pour les entreprises du BTP comme pour les ménages, l’intérêt économique du projet se mesurera donc autant à la disponibilité du produit qu’à son accessibilité.

Du Forum Gabon-Chine au chantier : l’épreuve de l’exécution

En rattachant le complexe aux engagements économiques issus du Forum Gabon-Chine de 2024, l’ANPI-Gabon inscrit le projet dans une stratégie d’attraction des investissements et de développement de capacités industrielles locales. La pose de la première pierre constitue une étape symbolique et opérationnelle, mais elle ne préjuge ni du respect du calendrier ni de la capacité future de l’usine à atteindre ses objectifs.

À ce stade, les données publiques rapportées par la presse portent principalement sur le montant de l’investissement, les capacités visées et les emplois annoncés. Aucun calendrier détaillé de construction et de mise en service n’est précisé dans les informations disponibles ici. Les prochaines étapes devront permettre de documenter l’état d’avancement des travaux, les échéances de recrutement et les conditions effectives d’exploitation.

Pour le Gabon, l’enjeu est désormais de transformer l’annonce d’un investissement de 114 milliards de FCFA en activité industrielle durable. À Malibé, la réussite du projet se jugera moins à la capacité inscrite dans les objectifs qu’aux tonnes effectivement produites, aux emplois réellement créés et à la contribution du complexe à l’approvisionnement du marché national.

La première pierre ouvre ainsi une perspective industrielle. La suite du chantier dira si cette ambition se traduira en résultats économiques mesurables.