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Forum de Libreville : le Gabon pose les bases de sa nouvelle doctrine économique

Libreville veut désormais passer des intentions aux mécanismes. Clôturée ce 4 mai au Palais des Congrès Omar Bongo Ondimba, la première édition du Forum international de Libreville pour l’innovation et le développement (FILID) s’est achevée sur une ambition clairement affichée : faire du Gabon une plateforme régionale d’innovation, d’investissement et de transformation économique. Au terme de deux jours d’échanges à la Cité de la démocratie, les autorités gabonaises ont adopté une feuille de route stratégique baptisée « Déclaration de Libreville », conçue comme le socle opérationnel des futures politiques de développement du pays.
Présenté comme le principal livrable de cette édition inaugurale, le document synthétise les recommandations formulées par une trentaine d’experts nationaux et internationaux mobilisés durant les travaux. Il fixe cinq priorités structurantes destinées à orienter la transformation économique du Gabon dans les années à venir : l’intégration de l’intelligence artificielle dans les politiques de compétitivité et de modernisation de l’économie, le développement de corridors logistiques afin de renforcer le positionnement du pays comme hub régional, l’amélioration de la sécurité juridique et de la transparence pour rassurer les investisseurs, la mise en place de mécanismes innovants de financement des chaînes de valeur agricoles, ainsi que le renforcement de l’inclusion économique des jeunes et des femmes.
Pour les organisateurs, cette déclaration marque une rupture méthodologique. Il ne s’agit plus simplement de produire des recommandations, mais de structurer un cadre de transformation mesurable et orienté vers l’exécution. « Cette déclaration constitue une boussole stratégique pour l’action publique et privée », ont souligné plusieurs intervenants au cours de la cérémonie de clôture, insistant sur la nécessité d’adosser désormais la vision économique nationale à des instruments concrets de mise en œuvre.
Au-delà de l’architecture doctrinale, le forum a surtout été marqué par l’annonce de plusieurs conventions et partenariats financiers destinés à soutenir des projets structurants. Ces engagements, officialisés en clôture des travaux, traduisent la volonté des autorités de faire du FILID un espace de production de résultats tangibles et non un simple cadre de réflexion institutionnelle.
Dans cette dynamique, le FILID entend s’imposer comme une plateforme pérenne de dialogue entre les pouvoirs publics, les investisseurs et les opérateurs économiques. Les organisateurs ont ainsi affirmé leur volonté d’inscrire le rendez-vous dans la durée, en le transformant en mécanisme permanent de concertation public-privé. Une orientation qui s’inscrit, selon eux, dans la vision portée par le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, de repositionner le Gabon comme un pôle africain d’attractivité économique et d’innovation.
Avec près de 3 000 participants revendiqués et une mobilisation internationale notable, cette première édition du FILID aura servi de démonstrateur politique autant qu’économique. En réunissant chefs d’État, experts, bailleurs et acteurs du secteur privé autour d’une même table, Libreville cherche à se positionner comme un nouveau centre de gravité des débats sur le développement et la transformation économique du continent.
Reste désormais à traduire l’élan diplomatique et l’enthousiasme institutionnel en réalisations concrètes. Car au-delà des déclarations et des signatures, c’est sur le terrain de l’exécution que se jouera la crédibilité du FILID. Pour le Gabon, le défi est désormais clair : faire de cette grand-messe économique un instrument durable de transformation, et non un rendez-vous de prestige sans lendemain.