Le trafic des espèces sauvages coûte au monde, entre 1 et 2 000 milliards de dollars par an, selon les données de la Banque mondiale. Au-delà de cette conséquence économique, ce phénomène constitue un réel danger pour la santé de l’homme, car en effet, 1,7 million de virus actuellement non découverts existent chez des hôtes mammifères et aviaires. L’épidémie de la covid-19, d’origine animale, n’est autre qu’une des preuves les plus palpables de ce désastre humanitaire. Pour parer au pire, le Gabon et le Costa Rica ont décidé d’unir leurs voix afin d’inciter à la signature d’un nouvel accord international visant à prévenir et à combattre le fléau du trafic d’espèces sauvages.

En vingt années, précisément entre 1999 et 2019, environ 6 000 espèces animales ont été saisies aux mains de trafiquants issus de 150 nationalités différentes. Conscients des conséquences drastiques sur la dégradation de la biodiversité, le Gabon et le Costa Rica, déjà très engagés dans la lutte pour la préservation de l’environnement, souhaitent impliquer le reste du monde. « Aujourd’hui, nous demandons à toutes les nations de travailler avec nous pour faire en sorte que les avantages dont nous bénéficions grâce à la vie sauvage profitent aux communautés locales, aux investisseurs légitimes et aux budgets nationaux des pays sources, et non aux groupes criminels transnationaux. », rapporte une déclaration commune aux deux pays.
Le Gabon et le Costa Rica constituent des poumons verts essentiels pour l’humanité. Un potentiel bien gardé par une politique de préservation de l’environnement optimisée. La mise en place de zones marines et terrestres protégées et une lutte acharnée contre le trafic illicite de la faune et la flore, en constitue un levier. À ce sujet, le Gabon a récemment développé en collaboration avec une équipe de scientifiques de la Wildlife conservation society (WCS), une méthode via l’ADN, de protection des éléphants, espèce en voie de disparition.

Notons que le trafic illicite d’espèces sauvages a déjà fait l’objet de trois résolutions de l’Assemblée générale des Nations unies en 2015, 2017 et 2019. Si ce dernier appel lancé par le Gabon et Costa Rica venait à être entendu, cela constituerait un première dans le cadre du droit pénal international.







