Tout bascule mardi soir, lorsque la Confédération africaine de football entérine une décision qui rebat les cartes du tournoi. Battu sur le terrain, le Maroc est finalement déclaré vainqueur, en attendant l’arbitrage du Tribunal Arbitral du Sport, saisi par la partie sénégalaise. Une issue inattendue qui nourrit un sentiment d’injustice chez de nombreux observateurs et supporters, pour qui la vérité sportive semble avoir été reléguée au second plan.
Au Sénégal, la réaction est immédiate et virulente. Une partie de la presse dénonce une décision incompréhensible, évoquant un véritable scandale et une remise en cause des fondements mêmes de la compétition. Le sentiment dominant est celui d’un titre confisqué, d’autant plus amer que la victoire avait été acquise sur le terrain, au terme d’un parcours salué pour sa solidité et sa cohérence.
À l’inverse, au Maroc, certains médias défendent une décision perçue comme une rectification nécessaire. Pour eux, il ne s’agit pas d’un renversement arbitraire, mais d’un signal fort envoyé au football africain, notamment sur la question du respect des règles et des comportements jugés contraires à l’éthique sportive. Une lecture qui reste toutefois minoritaire à l’échelle internationale.
Car au-delà des positions nationales, la polémique s’invite dans le débat global sur la gouvernance du football africain. Des voix influentes dénoncent un manque de transparence et pointent du doigt le rôle de certaines instances. L’ancien sélectionneur Claude Le Roy, figure bien connue du continent, n’a pas mâché ses mots, évoquant une décision qui porterait atteinte à la crédibilité de la Confédération africaine de football. Dans la même veine, l’ancien international égyptien Ahmed Hossam Mido dénonce une dérive profonde, appelant à une refonte des instances dirigeantes.
En Europe également, la surprise le dispute à l’incrédulité. Plusieurs grands titres de la presse sportive qualifient l’épisode de scandale mondial, soulignant le caractère inédit d’un tel retournement post-compétition. Certains s’interrogent sur le calendrier et la légitimité d’une décision aussi lourde de conséquences prise plusieurs semaines après la finale.
Au cœur de cette tempête, une question essentielle demeure : celle de la crédibilité des institutions qui régissent le football africain. Alors que le dossier est désormais entre les mains du Tribunal Arbitral du Sport, l’issue de cette procédure sera déterminante. Elle pourrait soit apaiser les tensions, soit, au contraire, raviver une crise de confiance déjà palpable.
En attendant, le football africain traverse une zone de turbulences où se mêlent passions populaires, enjeux politiques et exigences de gouvernance. Et dans ce climat incertain, une certitude s’impose : quelle que soit la décision finale, les traces de cette affaire seront durables.







