Accueil / INTERNATIONAL / À Nairobi, l’Afrique et la France testent un nouveau pacte économique : Oligui Nguema en éclaireur des ambitions gabonaises

À Nairobi, l’Afrique et la France testent un nouveau pacte économique : Oligui Nguema en éclaireur des ambitions gabonaises

Le sommet « Africa Forward : partenariats entre l’Afrique et la France pour l’innovation et la croissance », coprésidé par la France et le Kenya, s’est ouvert ce 11 mai 2026 à Nairobi dans un contexte international marqué par la recomposition des alliances économiques et la recherche de nouveaux équilibres entre le Nord et le Sud. Pendant deux jours, chefs d’État, responsables gouvernementaux et acteurs économiques sont appelés à dessiner les contours d’une coopération repensée autour des défis contemporains.
Dans la capitale kényane, l’événement se veut moins protocolaire que stratégique. L’objectif affiché est clair : dépasser le cadre traditionnel de l’aide au développement pour privilégier des partenariats fondés sur l’investissement, l’innovation et la co-construction de chaînes de valeur. Les organisateurs insistent sur la nécessité de « bâtir une relation économique plus horizontale », dans un contexte où l’Afrique cherche à mieux valoriser ses ressources et à accélérer son industrialisation.
Parmi les invités de marque, le Gabon occupe une place singulière. Représenté par le président Brice Clotaire Oligui Nguema, Libreville entend capitaliser sur cette tribune pour repositionner son économie sur l’échiquier international. À son arrivée à Nairobi, un tête-à-tête a eu lieu avec Emmanuel Macron, un échange présenté par les entourages comme « franc et tourné vers les opportunités concrètes de coopération », sans davantage de détails sur le contenu des discussions.
Au cœur des interventions attendues du chef de l’État gabonais figure la mise en avant des potentialités économiques du pays, notamment dans le secteur minier, devenu un pilier stratégique de la diversification nationale. Selon des sources proches de la délégation gabonaise, le président devrait insister sur la volonté de transformer localement les ressources naturelles afin de rompre avec la logique d’exportation brute.
Dans cette dynamique, le Plan national de croissance et de développement (PNCD 2026-2030) constitue l’un des principaux arguments de Libreville face aux investisseurs. Ce programme, présenté comme une feuille de route de transformation économique, ambitionne de renforcer la gouvernance, d’améliorer les conditions de vie des populations et d’accélérer la diversification de l’économie gabonaise. « L’enjeu est de passer d’une économie de rente à une économie productive et inclusive », souligne-t-on dans l’entourage du gouvernement.
Le sommet de Nairobi s’articule par ailleurs autour de thématiques jugées structurantes pour l’avenir des relations afro-européennes. La réforme de l’architecture financière internationale, la transition énergétique, l’industrialisation verte, l’économie bleue ainsi que l’intelligence artificielle et les technologies numériques figurent parmi les axes prioritaires des discussions. Autant de domaines où l’Afrique entend désormais peser davantage dans la définition des règles du jeu global.
Pour plusieurs observateurs présents sur place, Africa Forward pourrait marquer une étape dans la redéfinition du partenariat entre la France et plusieurs États africains, dans un contexte de compétition accrue entre puissances économiques. Reste à savoir si les intentions affichées à Nairobi se traduiront, au-delà des discours, par des engagements concrets et des financements à la hauteur des ambitions exprimées.