Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Sur les 53 projets engagés depuis sa prise de fonction, 62,3 % sont entièrement achevés tandis que 24,5 % affichent un taux de réalisation supérieur à 50 %. Au-delà de cette performance administrative, c’est surtout la cohérence de l’action menée qui retient l’attention. Des mouvements de jeunesse aux fédérations sportives, en passant par les institutions culturelles, le ministre semble avoir privilégié une logique de reconstruction des fondations.
Dans le secteur de la jeunesse, la réforme du Conseil national de la jeunesse du Gabon apparaît comme le symbole de cette approche. Considérée comme insuffisamment représentative et éloignée des ambitions définies par le Plan national de croissance et de développement, l’institution a fait l’objet d’une vaste opération de remise à niveau. Après l’organisation de la Fête de la jeunesse sous un format institutionnel inédit, un comité de normalisation a été installé avec pour mission de revoir les statuts, le règlement intérieur et le code électoral de l’organisation. L’objectif est clair : redonner au CNJG sa place d’interlocuteur crédible entre l’État et la jeunesse gabonaise.
Cette volonté de structuration se retrouve également dans l’accompagnement économique des jeunes. À Mouila comme à Ndjolé, des sessions de formation consacrées au marketing, à la conception de plans d’affaires et aux techniques de présentation de projets ont été organisées. Une démarche qui traduit la volonté du ministère d’inscrire l’entrepreneuriat des jeunes dans les secteurs prioritaires identifiés par les autorités.
Le même diagnostic a été posé dans le domaine sportif. Dès son arrivée, Paul Ulrich Kessany a lancé un audit complet du mouvement sportif national. Les conclusions ont mis en évidence des dysfonctionnements importants, notamment l’absence de conformité administrative de nombreuses structures. En réponse, une opération de régularisation a été engagée. Treize fédérations olympiques ainsi que le Comité national olympique ont déjà été remis en conformité. « Nous avons trouvé un secteur qui nécessitait une remise en ordre profonde », a laissé entendre le ministre à travers les actions entreprises, privilégiant l’assainissement avant toute autre réforme.
Parallèlement, l’activité sportive a retrouvé une dynamique visible. Les championnats nationaux ont repris dans plusieurs disciplines et le Gabon a multiplié les participations internationales. Les performances enregistrées en handball, en taekwondo ou encore en athlétisme témoignent d’un regain de compétitivité. Mais là encore, le ministère a choisi d’investir dans les bases du système en formant 129 techniciens sportifs et en envoyant plusieurs cadres administratifs en Chine pour renforcer leurs compétences en gestion des grands événements.
Dans le secteur culturel, la logique reste identique. La réforme du Bureau gabonais du droit d’auteur et des droits voisins constitue sans doute l’une des actions les plus structurantes de ces cent premiers jours. Face aux difficultés récurrentes rencontrées par les créateurs, le ministère a lancé une modernisation de l’institution. Vingt-et-un agents ont été assermentés, des formations spécialisées ont été organisées avec l’appui de l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle, un nouveau dispositif tarifaire a été adopté et plus de 2 250 œuvres ont été numérisées. Une avancée majeure pour un organisme souvent critiqué pour son manque d’efficacité.
L’autre décision marquante concerne la protection de l’iboga. Avec l’adoption du décret encadrant l’accès, l’exploitation et la commercialisation de cette plante emblématique du patrimoine gabonais, le gouvernement entend reprendre la maîtrise d’une ressource dont la valeur suscite un intérêt croissant à l’international. Une mesure qui illustre la volonté de protéger les richesses culturelles nationales tout en organisant leur exploitation.
Enfin, le rayonnement culturel a bénéficié d’un soutien significatif. Plus de 210 artistes et acteurs culturels ont été accompagnés dans différentes manifestations internationales. Du FEMUA d’Abidjan à la Semaine africaine de l’UNESCO à Paris, en passant par le MASA et plusieurs festivals majeurs, le Gabon a renforcé sa présence sur les grandes scènes culturelles du continent et au-delà.
À l’heure du bilan, ces cent premiers jours dessinent les contours d’une méthode. Plutôt que de multiplier les annonces, Paul Ulrich Kessany a concentré ses efforts sur la réforme des institutions, la régularisation des structures et la modernisation des outils de gouvernance. Une stratégie moins spectaculaire que les grands projets d’infrastructures, mais qui pourrait constituer le socle indispensable à des résultats durables. En cent jours, le ministre a surtout cherché à remettre les secteurs jeunesse, sport et culture en ordre de marche. Une ambition discrète, mais essentielle.







