La Cour constitutionnelle a homologué, le 27 août, les résultats provisoires du Recensement général de la population et des logements (RGPL). Le Gabon compte désormais officiellement 3 518 621 habitants, dont une légère majorité d’hommes. La Haute juridiction a relevé plusieurs insuffisances dans le déroulement des opérations, tout en estimant qu’elles ne remettaient pas en cause la fiabilité des résultats.
3 518 621. C’est désormais le chiffre de référence pour mesurer la population du Gabon. Par une décision rendue le 27 août, la Cour constitutionnelle a homologué les résultats provisoires du Recensement général de la population et des logements (RGPL) transmis par le gouvernement, mettant ainsi un terme au processus de dénombrement engagé à l’échelle nationale.
Cette validation intervient après l’examen des données recueillies, mais aussi après plusieurs auditions des responsables du RGPL et des missions de contrôle et de vérification conduites par les juges constitutionnels sur l’ensemble du territoire.
Des opérations jugées globalement satisfaisantes
Dans sa décision, la Haute juridiction estime que les opérations de recensement « se sont relativement bien déroulées aussi bien dans la capitale qu’à l’intérieur du pays ».
Une appréciation qui ne signifie toutefois pas que le processus s’est déroulé sans difficultés. Les investigations menées par la Cour ont permis d’identifier plusieurs insuffisances, notamment l’absence de couverture de certaines localités par les agents recenseurs.
D’autres anomalies ont également été relevées dans le rapport retraçant les résultats. La Cour a notamment pointé le cas du département de Ndougou, dans la province de l’Ogooué-Maritime, dont la population aurait été dénombrée par des agents recenseurs venus de la Nyanga.
Ces observations ont conduit à des ajustements. Selon la Cour constitutionnelle, le gouvernement a procédé aux « corrections qui s’imposaient » à la suite des différentes vérifications.
Une population en hausse, mais toujours inégalement répartie
Avec 3 518 621 habitants, le nouveau chiffre démographique constitue une donnée majeure pour les politiques publiques. Au-delà d’un simple décompte statistique, le recensement doit permettre de mieux calibrer les besoins du pays en matière d’écoles, de structures sanitaires, de logements, d’eau, d’électricité, de transports ou encore d’emplois.
La donnée prend également une dimension institutionnelle. La connaissance précise de la population et de sa répartition territoriale constitue un élément déterminant pour la planification de l’action publique et l’allocation des ressources entre les différents territoires.
La validation des résultats par la Cour constitutionnelle vient ainsi donner un cadre officiel aux données issues du RGPL, malgré les imperfections relevées au cours du processus.
Les hommes légèrement majoritaires
Autre enseignement du recensement : contrairement à une perception largement répandue, les femmes ne constituent pas la majorité de la population gabonaise.
Les chiffres homologués font apparaître 1 800 129 hommes, contre 1 718 492 femmes. Les hommes représentent ainsi un peu plus de la moitié de la population recensée.
L’écart reste relativement modéré, mais il vient nuancer certaines représentations démographiques du pays et fournit une nouvelle photographie de la structure de la population gabonaise.
Une nouvelle base pour les politiques publiques
La portée du RGPL dépasse donc la seule publication d’un chiffre. En établissant à 3,5 millions le nombre d’habitants du Gabon, les résultats homologués offrent à l’État une base actualisée pour mesurer les besoins de la population et orienter ses investissements.
Reste désormais l’enjeu de l’exploitation de ces données. Leur véritable portée se mesurera à leur capacité à guider les décisions publiques, à corriger les déséquilibres territoriaux et à mieux répondre aux besoins des populations.
Après la phase du dénombrement et celle de la validation institutionnelle, s’ouvre ainsi celle, plus décisive encore, de l’utilisation des données. Le Gabon connaît désormais le nombre officiel de ses habitants. Il lui reste à transformer cette photographie démographique en outil de planification et d’action publique.








