Dénoncer l’ingérence d’une « légion étrangère » dans les affaires gabonaises était un combat que beaucoup espéraient révolu après le coup de libération du 30 août 2023. Pourtant, certaines pratiques semblent perdurer autour du président Brice Clotaire Oligui Nguema, à rebours de sa volonté affichée de rupture. Comment expliquer autrement la présence du sulfureux Gaetan Donlap — ressortissant camerounais, proche de Maixent Accrombessi — dans la gouvernance de la société eTech SAS, choisie par Herman Immongault pour devenir l’agrégateur exclusif des transactions financières liées aux jeux en ligne au Gabon ?
Au-delà du fait que, par le biais de cette décision, le ministère de l’Intérieur s’arroge unilatéralement des compétences en matière de collecte de recettes fiscales — en totale violation de ses prérogatives régaliennes —, la société eTech SAS pose problème à plusieurs niveaux. Inconnue du public, tant au Gabon qu’à l’international, elle a été créée à la hâte, avec un site internet mis en ligne seulement trois jours après la signature de l’arrêté du 23 avril 2025.
Mais une question retient particulièrement l’attention : celle du rôle de Gaetan Donlap. Technicien camerounais bien introduit dans les cercles du pouvoir, il est un visage familier à la présidence de la République et dans le secteur de l’audiovisuel public. Sa dernière grande opération ? L’installation d’encodeurs facturés à coups de milliards pour permettre à la chaîne togolaise New World TV de retransmettre la dernière Coupe du monde de football.
Sur le site non sécurisé de la toute récente société eTech SAS, Gaetan Donlap est présenté comme « support technique ». Un détail qui renforce le faisceau de soupçons entourant cette affaire. Car, par un arrêté signé le 23 avril, le ministre Herman Immongault s’apprête à offrir, sur un plateau, à des intérêts camerounais — dont fait partie Gaetan Donlap — le monopole de la régulation des flux financiers des jeux en ligne au Gabon.
Un scandale flagrant, en totale contradiction avec les engagements de transparence, de souveraineté économique et de promotion des compétences nationales pris par le président Oligui Nguema. Il lui revient désormais de faire respecter ces principes et de défendre les intérêts du tissu économique gabonais.
