Alors que les files d’attente devant les stations-service continuent de perturber la circulation à Libreville, une cargaison de 8 000 tonnes d’essence a accosté jeudi 8 octobre au port d’Owendo. Les opérations de dépotage ont débuté dans la foulée, avec un objectif immédiat : reconstituer les stocks et rétablir progressivement un approvisionnement régulier du réseau de distribution.
La crise du carburant connaît peut-être un premier tournant. Après plusieurs jours marqués par des ruptures d’essence et des files d’attente qui ont paralysé certains axes de Libreville, l’arrivée d’un navire chargé de 8 000 tonnes d’essence au port d’Owendo doit permettre de desserrer la pression sur le réseau de distribution.
Accosté au quai G16 dans la nuit de mercredi à jeudi, le navire a immédiatement fait l’objet d’opérations de déchargement. Une première tranche de 4 000 tonnes, correspondant à environ 5 200 m³, est destinée à alimenter le marché local.
Six jours d’autonomie pour le marché de Libreville
Les volumes réceptionnés sont transférés directement vers les installations de la Société gabonaise d’entreposage des produits pétroliers (SGEPP), qui assure le stockage des produits pétroliers liquides et du gaz butane.
Pour Wilfried Bouka Mondjo, directeur du dépôt de produits blancs d’Owendo à la SGEPP, cette première réception doit permettre de couvrir plusieurs jours de consommation.
« Le navire accosté au quai G16 est arrivé au cours de la nuit. Dans un premier temps, nous réceptionnons 4 000 tonnes, soit l’équivalent de 5 200 m³ », explique-t-il.
Selon les données communiquées par la SGEPP, la consommation locale est estimée à environ 708 000 litres d’essence par jour. Le volume réceptionné devrait ainsi assurer une autonomie d’environ six jours.
Mais les autorités et les opérateurs ne comptent pas attendre l’épuisement de ce premier stock. Une nouvelle livraison est annoncée avant la fin de cette période afin d’éviter une nouvelle rupture.
Les camions-citernes reprennent la route
L’enjeu est désormais de transformer rapidement l’arrivée du produit au port en disponibilité effective dans les stations-service. Dès la sortie des cuves de stockage, les camions-citernes ont commencé à approvisionner les différents points de vente de la capitale.
Plusieurs stations ont ainsi été réalimentées dès les premières heures de la journée.
« Le carburant est disponible depuis 7 heures dans les stations-service. Les premières livraisons ont été effectuées dès 6 heures, notamment dans les stations des Charbonnages, de la Glass et de Gab’Oil Likouala, parmi d’autres sites approvisionnés ce matin », précise Wilfried Bouka Mondjo.
Cette reprise des livraisons constitue un premier signal d’amélioration après plusieurs jours de tension. Elle ne signifie toutefois pas encore un retour complet à la normale. Dans plusieurs secteurs de Libreville, les automobilistes restent confrontés à des files d’attente, tandis que la régularité de l’approvisionnement devra être maintenue pour résorber progressivement les stocks d’attente constitués par les usagers.
Le défi de la continuité
Au-delà de l’urgence immédiate, la principale question porte désormais sur la continuité de l’approvisionnement. L’arrivée de cette cargaison permet de reconstituer les stocks, mais la programmation d’une nouvelle livraison avant l’épuisement des volumes disponibles doit surtout permettre d’éviter que la situation ne se reproduise quelques jours plus tard.
Pour les pouvoirs publics comme pour les opérateurs de la chaîne pétrolière, l’objectif est donc double : répondre à la demande immédiate et sécuriser durablement les flux entre l’approvisionnement maritime, le stockage à Owendo, le transport par camions-citernes et la distribution dans les stations-service.
Après plusieurs jours de perturbations, la circulation des camions-citernes dans les rues de Libreville offre ainsi les premiers signes d’un desserrement de la crise. Reste à savoir si cette reprise des livraisons permettra, dans les prochains jours, de faire disparaître durablement les files d’attente et de rétablir un approvisionnement normal dans la capitale et, au-delà, sur l’ensemble du territoire.








