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Foire commerciale de l’Indépendance : le Gabon veut faire du « Made in Gabon » un moteur de la fête nationale

À deux jours du lancement de la 2e édition de la Foire commerciale de l’Indépendance, le ministère du Commerce, des PME/PMI et de l’Entrepreneuriat des Jeunes a dévoilé, mercredi 12 août à Angondjé, les contours d’un rendez-vous qui ambitionne de rapprocher producteurs et consommateurs. Près de 600 stands, dont 400 réservés aux PME, sont annoncés du 14 au 19 août, avec un objectif de 20 000 visiteurs.

Au Stade de l’Amitié Sino-Gabonaise d’Angondjé, le compte à rebours est lancé. À l’approche des célébrations de l’Indépendance, le gouvernement veut donner à la fête nationale une dimension résolument économique. Présidée par la ministre du Commerce, Zenaba Gninga Chaning, la cérémonie de lancement des préparatifs de la deuxième édition de la Foire commerciale de l’Indépendance a placé le « Made in Gabon » au cœur du dispositif.

Pendant cinq jours, du 14 au 19 août, producteurs, commerçants, coopérateurs, PME et autres opérateurs économiques venus des neuf provinces du pays doivent se retrouver dans un même espace. Au total, près de 600 stands sont prévus, dont environ 400 destinés aux petites et moyennes entreprises. Les organisateurs tablent sur au moins 20 000 visiteurs.

Pour le gouvernement, l’enjeu n’est pas seulement d’animer les festivités de l’Indépendance. Il s’agit aussi de donner davantage de visibilité aux entreprises et aux produits fabriqués localement.

« Il est question maintenant de mettre en avant tout ce qui est fait dans le pays », a déclaré Zenaba Gninga Chaning, insistant sur la nécessité d’offrir aux producteurs locaux une vitrine pour présenter leur savoir-faire et créer un contact direct avec les consommateurs.

Cette orientation traduit une volonté plus large de faire de la consommation locale un levier de développement économique. Dans les allées de la foire, confitures, jus artisanaux, glaces et autres productions fabriquées au Gabon seront notamment exposés. L’objectif est d’inciter les visiteurs à découvrir ces produits, mais aussi à les intégrer davantage dans leurs habitudes de consommation.

La foire se veut également accessible à des profils économiques différents. Des tarifs différenciés ont ainsi été arrêtés selon les catégories d’exposants.

Les femmes commerçantes pourront disposer d’un stand pour 15 000 francs CFA sur les cinq jours. Les PME bénéficieront de stands à 250 000 francs CFA, tandis que les grandes entreprises devront débourser 1,5 million de francs CFA.

Pour la Direction générale du Commerce, l’autre priorité est de réduire les contraintes administratives à la participation. Le directeur général du Commerce, M. Nzengue, a notamment insisté sur la simplicité des démarches d’inscription. Les opérateurs intéressés peuvent se rapprocher de la Direction générale du Commerce, notamment du service chargé de la promotion commerciale.

« L’inscription la plus simplifiée possible », a-t-il assuré, précisant que les services compétents chercheront principalement à identifier le secteur d’activité de l’exposant et les produits qui seront présentés.

L’édition 2026 ne sera pas uniquement consacrée aux stands commerciaux. Les organisateurs ont prévu une programmation destinée à toucher différents publics, avec notamment une caravane médicale, des actions sociales, une tombola en direction notamment des personnes vulnérables et un espace de jeux pour enfants.

Un grand concert réunissant plusieurs artistes doit également rythmer l’événement. À cela s’ajouteront des concours, notamment autour de l’art culinaire, ainsi que l’élection de la Miss Foire commerciale.

Cette programmation répond à une double logique : attirer un public important tout en donnant à la manifestation une dimension populaire, au-delà des seuls professionnels.

Pour éviter que l’éloignement du Stade de l’Amitié Sino-Gabonaise ne constitue un frein à la fréquentation, les organisateurs ont prévu un dispositif de transport gratuit.

Plusieurs lignes de bus doivent desservir le site depuis différents secteurs du Grand Libreville, notamment Ntoum, PK12, Nzeng-Ayong, Owendo, SNI et Boulokobwe-Cap Estérias. Des rotations sont également prévues pour assurer le retour des visiteurs.

Ce dispositif logistique sera déterminant pour atteindre l’objectif affiché de 20 000 visiteurs en cinq jours et, surtout, pour permettre aux exposants de bénéficier d’une fréquentation suffisante.

Cette deuxième édition s’inscrit dans la continuité de la première foire commerciale organisée en 2024. Mais le gouvernement affiche désormais une ambition plus structurée : transformer l’événement en rendez-vous annuel consacré à la promotion de l’économie nationale.

À terme, l’enjeu sera donc moins de mesurer le succès de la manifestation au nombre de visiteurs que sa capacité à créer des débouchés pour les producteurs, à renforcer la visibilité des PME et à établir des relations durables entre entrepreneurs et consommateurs.

La ministre du Commerce a ainsi appelé les entrepreneurs, coopérateurs, commerçants et l’ensemble de la population à s’approprier l’initiative. Une manière de rappeler que derrière les festivités de l’Indépendance se joue aussi une bataille plus durable : celle de la visibilité, de la compétitivité et de la consommation des produits issus du savoir-faire gabonais.

Du 14 au 19 août, Angondjé servira ainsi de laboratoire grandeur nature pour cette ambition. Reste à savoir si la foire parviendra à transformer l’engouement des visiteurs en véritables opportunités commerciales pour les acteurs du « Made in Gabon ».