Libreville, 23 mars 2026. À l’occasion de la Journée nationale de l’enseignant, au palais Rénovation, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a dévoilé une série d’annonces destinées à répondre à la crise qui a récemment secoué le secteur éducatif. Parmi elles, la tenue prochaine d’états généraux de l’éducation, qu’il a indiqué vouloir présider personnellement, ainsi que le paiement imminent des vacations et des bourses. Une séquence marquée par la volonté d’allier réponses immédiates et réformes de fond.
C’est l’annonce structurante du discours. Le chef de l’État a confirmé la tenue prochaine de l’Assemblée générale du Conseil national de l’éducation, de la formation et de la recherche, présentée comme de véritables états généraux du secteur.
Fait notable, il a indiqué qu’il en assurera lui-même la présidence : « J’annonce la tenue prochaine de l’Assemblée générale du Conseil national de l’Éducation, de la Formation et de la Recherche. Cette Assemblée Générale sera présidée par moi-même. »
Un choix qui traduit une implication directe au plus haut niveau de l’État dans la refondation du système éducatif. L’objectif affiché : créer un cadre de concertation élargi, capable de déboucher sur des réformes structurelles durables.
Sur le volet des mesures immédiates, le président a pris un engagement fort concernant les arriérés dus aux enseignants. Dans une séquence inhabituelle, il a interpellé en direct les membres du gouvernement pour s’assurer de l’exécution rapide de la décision.
« Les vacations seront payées dans quelques heures », a-t-il affirmé, avant d’élargir l’annonce aux étudiants : « Les bourses scolaires de nos enfants, universitaires et internationales, seront également payées. »
Ces annonces visent à répondre à l’une des principales revendications à l’origine de la grève qui a paralysé le système éducatif pendant plusieurs mois.
Autre mesure phare : l’intégration progressive des enseignants bénévoles et vacataires dans la fonction publique, via la validation des acquis de l’expérience (VAE).
Le président a justifié cette orientation en mettant en avant la contribution de ces acteurs longtemps restés en marge : « Pendant des années, des hommes et des femmes ont éduqué les enfants de ce pays sans contrat, sans salaire assuré. »
Et d’insister sur la portée de la mesure : « Ce n’est pas une faveur, c’est une reconnaissance méritée. »
Toutefois, il a précisé que ce processus devra être encadré juridiquement, afin de garantir sa rigueur et sa transparence.
Dans une perspective de moyen et long terme, plusieurs projets structurants ont été évoqués :
- la création d’instituts de formation des professeurs d’école à Libreville, Oyem, Mouila et Franceville
- le renforcement du Centre professionnel pédagogique, dédié à la formation continue
- l’élaboration d’un nouveau statut de l’enseignant
Autant d’initiatives qui visent à répondre aux faiblesses structurelles du système éducatif, notamment en matière de formation et de gestion des carrières.
Si les annonces se veulent apaisantes, le discours n’a pas éludé les tensions récentes. Le chef de l’État a appelé à un changement de pratiques, en particulier sur la question des mouvements sociaux.
« La grève systématique ne saurait constituer une solution », a-t-il déclaré, tout en reconnaissant la légitimité des revendications.
Dans le même esprit, il a insisté sur la nécessité d’un engagement réciproque : « Nous le faisons parce que nous voulons être justes. Mais en retour, j’attends de vous une assiduité sans faille au travail. »
Le président a replacé ces annonces dans une perspective plus large, reconnaissant que la transformation du secteur éducatif nécessitera du temps : « En huit mois, nous ne pourrons pas tout régler. Mais en sept ans, on peut y arriver. »
Entre mesures d’urgence et ambition de refondation, cette prise de parole marque une étape dans la gestion de la crise éducative. Reste désormais à traduire ces engagements en actes concrets, dans un secteur où la confiance entre l’État et les enseignants reste à consolider.
