Accueil / ÉCONOMIE / Dette publique : le Gabon ramène son stock d’engagements à 9 524 milliards FCFA après un vaste audit

Dette publique : le Gabon ramène son stock d’engagements à 9 524 milliards FCFA après un vaste audit

Le grand inventaire des engagements financiers de l’État gabonais livre ses premiers enseignements. Lancé le 17 juin dernier, l’audit de la dette et des passifs exigibles fait désormais ressortir un stock consolidé de 9 524,6 milliards de FCFA au 31 décembre 2025, contre près de 11 700 milliards initialement recensés. Une différence de plus de 2 175 milliards qui ne traduit pas un désendettement, mais un important travail de vérification, de retraitement et de consolidation des données publiques.

Le chiffre redessine la photographie des finances publiques gabonaises. Après plusieurs semaines de travaux, l’audit engagé par l’État sur ses engagements financiers aboutit à un montant consolidé de 9 524,6 milliards de FCFA au 31 décembre 2025. Au lancement de l’opération, le périmètre examiné faisait apparaître près de 11 700 milliards de FCFA.

L’écart atteint ainsi environ 2 175 milliards de FCFA, soit 18,6 % du montant initialement recensé. Mais cette différence ne saurait être interprétée comme une baisse mécanique de la dette. Elle résulte, selon les éléments présentés, du travail d’audit et de consolidation destiné à distinguer les engagements effectivement retenus de ceux qui ne répondent pas aux critères du stock consolidé.

9 524 milliards face à un PIB de 13 822 milliards

La nouvelle base de calcul donne également une indication de l’ampleur du poids des engagements publics dans l’économie gabonaise.

Après rebasing, le PIB nominal provisoire de 2025 est évalué à 13 822 milliards de FCFA. Rapportés à cette richesse nationale, les 9 524,6 milliards d’engagements recensés représentent 68,91 % du PIB.

Ce ratio constitue désormais une nouvelle référence pour apprécier le niveau d’endettement du pays. Il ne suffit toutefois pas, à lui seul, à mesurer la pression réelle exercée sur les finances publiques. Le calendrier des échéances, le niveau des intérêts, les éventuels arriérés ainsi que les recettes effectivement disponibles pour assurer le service de la dette restent déterminants pour apprécier la marge de manœuvre du Trésor.

Autrement dit, le chiffre de 68,91 % donne une photographie du stock, mais pas à lui seul la mesure de l’effort financier nécessaire pour l’absorber.

L’autre face des comptes publics : 1 700 milliards à recouvrer

L’opération intervient dans un contexte où l’État cherche simultanément à mieux connaître ce qu’il doit et à récupérer ce qui lui est dû.

Le gouvernement a ainsi engagé une opération portant sur plus de 1 700 milliards de FCFA de débets, amendes et autres créances à recouvrer. Une démarche qui traduit une volonté de traiter les comptes publics sur les deux fronts : consolider les engagements de l’État tout en identifiant les ressources qui peuvent encore être récupérées.

Dans le même temps, la Cour des comptes a publié son premier Recueil des décisions et avis des juridictions financières, couvrant la période allant de 1994 à 2022. Le document recense notamment 61 personnes physiques et cinq personnes morales ou entreprises concernées par les décisions et avis répertoriés.

Ces différents travaux convergent vers un même enjeu : renforcer la connaissance, la traçabilité et le suivi des ressources et engagements de l’État.

De l’inventaire au traitement de la dette

L’audit ne constitue donc qu’une première étape. Le rapport, transmis au Fonds monétaire international, doit désormais servir de base aux discussions avec les partenaires financiers du Gabon.

La prochaine séquence sera celle du traitement du stock identifié. L’objectif affiché est notamment d’apurer progressivement les passifs exigibles, d’éviter la constitution de nouveaux arriérés et de maintenir l’endettement à un niveau compatible avec les ressources publiques.

Les travaux ont été conduits dans le cadre du comité institué par l’arrêté du 27 avril 2026 et se sont appuyés, selon les éléments communiqués, sur les standards statistiques du FMI.

La différence entre les près de 11 700 milliards initialement recensés et les 9 524,6 milliards finalement retenus constitue ainsi l’un des principaux enseignements de l’exercice. Elle met surtout en lumière la nécessité de disposer d’une base consolidée et régulièrement actualisée des engagements financiers de l’État.

Le véritable enjeu commence désormais après l’audit : transformer cette nouvelle photographie des finances publiques en trajectoire soutenable, sans nouveaux arriérés et avec une capacité accrue de l’État à honorer ses échéances.