Les perturbations qui ont paralysé l’achat d’unités EDAN pendant plusieurs jours prennent une tournure judiciaire. Alors que le service est progressivement revenu à la normale, la Société d’Énergie et d’Eau du Gabon (SEEG) affirme que ses premières investigations ont révélé des indices techniques sérieux laissant penser à des actes de malveillance assimilables à un sabotage. L’entreprise a annoncé avoir saisi la justice et engagé un vaste chantier de sécurisation de ses systèmes informatiques.
Crise EDAN : la SEEG évoque un sabotage et promet des sanctions

Depuis le 15 juin, des milliers d’usagers ont été confrontés à d’importantes difficultés pour recharger leurs compteurs prépayés. L’incident a affecté aussi bien les ménages que les activités commerciales, provoquant incompréhension et exaspération dans plusieurs localités du pays. Face à la montée des critiques, le directeur général de la SEEG est sorti de son silence pour reconnaître la gravité de la situation et présenter des excuses aux abonnés.
Dans sa déclaration, le dirigeant de l’entreprise a tenu à rassurer les clients lésés. Selon lui, aucune transaction débitée sans délivrance effective d’unités EDAN ne restera sans suite. « Aucun client ne perdra ce qu’il a payé », a-t-il affirmé, promettant la restitution intégrale des montants concernés. La société a également annoncé la mise en place prochaine de mesures compensatoires destinées à tenir compte des désagréments subis par les usagers.
Mais au-delà de la panne apparente, c’est surtout l’origine présumée de l’incident qui retient désormais l’attention. La SEEG soutient que les premières analyses techniques réalisées en interne ne correspondent pas au schéma d’une défaillance informatique classique. Elles feraient apparaître des éléments laissant supposer une intervention malveillante ayant affecté une partie des systèmes stratégiques de l’entreprise.
Sans désigner de responsables ni avancer de conclusions définitives, la direction évoque des actes pouvant être assimilés à un sabotage. Une formulation prudente qui marque néanmoins un changement majeur dans la lecture de l’événement. Pour la SEEG, l’interruption prolongée d’un service aussi sensible ne peut être considérée comme un simple incident technique tant que toutes les pistes n’ont pas été explorées.
Cette hypothèse a conduit l’entreprise à franchir une nouvelle étape en déposant plainte auprès des autorités compétentes. Les éléments recueillis lors des investigations internes ont été transmis à la justice, désormais chargée de déterminer l’origine exacte des dysfonctionnements et d’identifier d’éventuelles responsabilités. « Les responsables de cet incident répondront de leurs actes devant la loi », a averti le directeur général.
La société insiste toutefois sur la nécessité de ne pas jeter la suspicion sur l’ensemble de son personnel. Dans son intervention, la direction a tenu à distinguer d’éventuels auteurs d’actes malveillants de la grande majorité des agents de la SEEG, présentés comme des professionnels mobilisés pour assurer la continuité du service public malgré les difficultés.
L’épisode met également en lumière les enjeux croissants liés à la cybersécurité et à la résilience des infrastructures critiques. Dans un contexte où l’eau et l’électricité constituent des services essentiels au fonctionnement du pays, la moindre faille informatique peut avoir des conséquences immédiates sur la vie quotidienne des populations et sur l’activité économique.
Consciente de ces enjeux, la SEEG annonce un renforcement en profondeur de ses dispositifs de sécurité numérique, de gouvernance informatique et de continuité d’activité. L’objectif affiché est de réduire les vulnérabilités, d’améliorer la traçabilité des opérations et de garantir une meilleure résistance des systèmes face à d’éventuelles attaques ou incidents majeurs.
Pour l’entreprise, le retour du service EDAN ne marque donc pas la fin de la crise. Entre remboursement des usagers, mesures compensatoires, enquête judiciaire et modernisation des infrastructures numériques, le dossier reste ouvert. Une certitude demeure : l’incident a révélé la fragilité d’un maillon essentiel du service public et pourrait accélérer la transformation des mécanismes de sécurité au sein de la SEEG.






