CAN 2025 : un titre attribué par “e-mail”, la planète football s’indigne

Brahim Diaz of Morocco celebrates goal with team players during the 2025 Africa Cup of Nations AFCON match between Morocco and Comoros at the Prince Moulay Abdellah Stadium in Rabat, Morocco on 21 December 2025 ©Nokwanda Zondi/BackpagePix

La Coupe d’Afrique des Nations, censée consacrer la suprématie sportive sur le terrain, se retrouve aujourd’hui au cœur d’une controverse majeure. Quelques semaines après le sacre du Sénégal, la décision d’attribuer le trophée au Maroc sur tapis vert a déclenché une onde de choc qui dépasse largement les frontières du continent africain. Entre incompréhension, indignation et lectures opposées, l’affaire s’annonce déjà comme l’un des épisodes les plus sensibles de l’histoire récente du football africain.

Tout bascule mardi soir, lorsque la Confédération africaine de football entérine une décision qui rebat les cartes du tournoi. Battu sur le terrain, le Maroc est finalement déclaré vainqueur, en attendant l’arbitrage du Tribunal Arbitral du Sport, saisi par la partie sénégalaise. Une issue inattendue qui nourrit un sentiment d’injustice chez de nombreux observateurs et supporters, pour qui la vérité sportive semble avoir été reléguée au second plan.

Au Sénégal, la réaction est immédiate et virulente. Une partie de la presse dénonce une décision incompréhensible, évoquant un véritable scandale et une remise en cause des fondements mêmes de la compétition. Le sentiment dominant est celui d’un titre confisqué, d’autant plus amer que la victoire avait été acquise sur le terrain, au terme d’un parcours salué pour sa solidité et sa cohérence.

À l’inverse, au Maroc, certains médias défendent une décision perçue comme une rectification nécessaire. Pour eux, il ne s’agit pas d’un renversement arbitraire, mais d’un signal fort envoyé au football africain, notamment sur la question du respect des règles et des comportements jugés contraires à l’éthique sportive. Une lecture qui reste toutefois minoritaire à l’échelle internationale.

Car au-delà des positions nationales, la polémique s’invite dans le débat global sur la gouvernance du football africain. Des voix influentes dénoncent un manque de transparence et pointent du doigt le rôle de certaines instances. L’ancien sélectionneur Claude Le Roy, figure bien connue du continent, n’a pas mâché ses mots, évoquant une décision qui porterait atteinte à la crédibilité de la Confédération africaine de football. Dans la même veine, l’ancien international égyptien Ahmed Hossam Mido dénonce une dérive profonde, appelant à une refonte des instances dirigeantes.

En Europe également, la surprise le dispute à l’incrédulité. Plusieurs grands titres de la presse sportive qualifient l’épisode de scandale mondial, soulignant le caractère inédit d’un tel retournement post-compétition. Certains s’interrogent sur le calendrier et la légitimité d’une décision aussi lourde de conséquences prise plusieurs semaines après la finale.

Au cœur de cette tempête, une question essentielle demeure : celle de la crédibilité des institutions qui régissent le football africain. Alors que le dossier est désormais entre les mains du Tribunal Arbitral du Sport, l’issue de cette procédure sera déterminante. Elle pourrait soit apaiser les tensions, soit, au contraire, raviver une crise de confiance déjà palpable.

En attendant, le football africain traverse une zone de turbulences où se mêlent passions populaires, enjeux politiques et exigences de gouvernance. Et dans ce climat incertain, une certitude s’impose : quelle que soit la décision finale, les traces de cette affaire seront durables.

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