Libreville accueille depuis le lundi 9 mars 2026 un atelier régional consacré à l’autonomisation économique des jeunes femmes dans les filières agricoles durables. Pendant cinq jours, des participantes venues de six pays d’Afrique centrale échangent autour de l’entrepreneuriat agricole, à l’initiative de l’Organisation internationale de la Francophonie, avec le soutien de la Première dame du Gabon, Zita Oligui Nguema, marraine de l’événement et présidente de la fondation Ma Bannière. L’objectif : faire de l’agriculture un levier d’émancipation économique et de développement régional.
Dans une salle de conférence d’un hôtel situé au nord du Grand Libreville, les hymnes et les discours officiels ont marqué, lundi 9 mars, l’ouverture de l’atelier régional intitulé « Femmes et champs d’avenir dans le Bassin du Congo ». Pendant cinq jours, une quarantaine de jeunes entrepreneures venues du Cameroun, de la Guinée équatoriale, de la République démocratique du Congo, de la République du Congo, de la République centrafricaine et du Gabon participent à des formations et des échanges autour des filières agricoles durables.
Portée par l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), la rencontre vise à renforcer les capacités des jeunes femmes engagées dans l’agriculture et à favoriser la création de réseaux d’entrepreneuriat dans une région où la sécurité alimentaire demeure un défi majeur.
Lors de la cérémonie d’ouverture, la Première dame du Gabon, Zita Oligui Nguema, marraine de l’événement et présidente de la fondation Ma Bannière, a insisté sur l’importance stratégique de l’autonomisation économique des femmes.
« L’avenir de notre région passera par l’autonomisation économique des femmes et par l’engagement de notre jeunesse. Investir dans les femmes n’est pas seulement une question d’équité. C’est un choix stratégique pour la stabilité et la prospérité de nos sociétés », a-t-elle déclaré devant les participantes et les partenaires institutionnels.
Pour les autorités gabonaises, l’initiative s’inscrit dans une dynamique plus large visant à repositionner l’agriculture comme moteur de diversification économique. Un secteur souvent considéré comme stratégique dans une région encore fortement dépendante des importations alimentaires.
Le ministre gabonais de l’Agriculture, Pacôme Kossy, a salué l’engagement des jeunes femmes présentes.
« Vous représentez une génération d’actrices engagées, capables d’apporter des solutions concrètes aux défis de notre agriculture. Votre créativité, votre capacité d’innovation et votre esprit d’entreprise constituent des atouts majeurs pour renforcer la sécurité alimentaire de notre sous-région », a-t-il affirmé.
Selon lui, l’entrepreneuriat agricole constitue également un levier pour l’emploi des jeunes, alors que plusieurs pays d’Afrique centrale cherchent à valoriser leurs ressources naturelles tout en développant des chaînes de valeur locales.
L’atelier bénéficie également de l’appui de l’Organisation internationale de la Francophonie, qui accompagne plusieurs programmes dédiés à l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes.
Pour Alphonse Waguena, représentant de l’OIF pour l’Afrique centrale, l’agriculture durable représente un levier essentiel pour la transformation économique de la région.
« L’agriculture constitue un levier stratégique de souveraineté alimentaire, mais aussi un moteur de création d’emplois pour les jeunes et les femmes, et un pilier de transformation durable de nos économies », a-t-il souligné.
Au-delà des discours institutionnels, l’atelier se veut également un espace d’échanges d’expériences entre entrepreneures.
Pour certaines participantes, l’enjeu est aussi culturel. Dans plusieurs pays de la région, l’agriculture reste associée à des activités rurales peu valorisées.
Venue de République centrafricaine, l’entrepreneure Bersi Eunice Esther Passi, lauréate de l’atelier, explique que cette perception évolue progressivement. « Grâce à cet atelier, je me suis rendue compte que les femmes peuvent devenir riches grâce à l’agriculture. Chez nous, on pense souvent que c’est une activité réservée aux personnes vulnérables ou âgées. Mais on peut être élégante, ambitieuse et réussir dans ce domaine », confie-t-elle. Selon elle, la participation à cette rencontre régionale permettra aussi de transmettre ces expériences dans son pays.
Dans le Bassin du Congo, deuxième massif forestier tropical du monde, les terres arables restent largement sous-exploitées malgré un potentiel agricole important. La région importe encore une part significative de ses denrées alimentaires. Face à ce paradoxe, plusieurs organisations internationales encouragent désormais le développement d’une agriculture durable et inclusive, capable de générer des emplois tout en renforçant la sécurité alimentaire.
En réunissant des jeunes entrepreneures venues de plusieurs pays, l’atelier de Libreville entend contribuer à structurer une nouvelle génération d’actrices du secteur agricole. Au terme des cinq jours de travaux, les participantes devraient repartir avec des outils de formation, des réseaux professionnels renforcés et des projets d’entreprise consolidés.
Car derrière les discours et les ateliers techniques, l’ambition affichée est claire : faire émerger, dans les champs du Bassin du Congo, une nouvelle génération d’entrepreneures capables de transformer l’agriculture en moteur de développement économique régional.
