« Alain-Claude Bilie-By-Nze fait du petit commerce sur les attentes de nos compatriotes »

Capture d'écran interview RFI, Théophane Nzame Nze Biyoghe - Porte-parole de la Présidence de la République

La réponse de la présidence aux critiques d’Alain-Claude Bilie-By-Nze sur la suspension des réseaux sociaux ne s’est pas faite attendre. Mais au-delà du débat sur la mesure elle-même, c’est une formule qui marque les esprits et donne le ton de la séquence politique : « Alain-Claude Bilie-By-Nze fait du petit commerce sur les attentes de nos compatriotes, attentes par ailleurs légitimes », a déclaré le porte-parole de la Présidence Théophane Nzame Nze Biyoghe, invité de RFI ce 19 février 2026. 
Par cette déclaration, le porte-parole de la présidence entend déplacer le centre de gravité du débat. Il ne s’agirait pas, selon lui, d’une défense désintéressée des libertés numériques, mais d’une instrumentalisation d’un sujet sensible dans un contexte où une partie de l’opinion exprime des inquiétudes sur l’espace d’expression.
L’exécutif souligne que les attentes des Gabonais sont réelles et méritent d’être entendues. Mais il reproche à l’ancien Premier ministre de se contenter d’une posture critique, sans proposer de solutions structurantes sur la régulation du numérique et la lutte contre la désinformation. « Il devrait pouvoir nous proposer autre chose qu’une rhétorique de la petite phrase », a insisté le porte-parole.
La présidence rappelle également le passé récent. En 2016, lors de la crise post-électorale sous le mandat d’Ali Bongo Ondimba, l’accès à Internet et aux réseaux sociaux avait été suspendu. En 2023, alors qu’Alain-Claude Bilie-By-Nze occupait la primature, un nouveau blackout était intervenu. Pour l’exécutif, ces précédents fragilisent la cohérence de la critique actuelle.
Depuis le 30 août 2023, date du changement de régime porté par Brice Clotaire Oligui Nguema, les autorités affirment inscrire leurs décisions dans une logique de stabilisation et de refondation. La suspension des réseaux sociaux est présentée comme temporaire, destinée à ouvrir un débat sur l’usage responsable d’un espace devenu central dans la vie publique.
Dans cette confrontation politique, deux narratifs s’opposent. D’un côté, une opposition qui alerte sur un possible rétrécissement des libertés. De l’autre, un pouvoir qui accuse son contradicteur de capitaliser sur l’émotion collective. Au cœur de la controverse, une question de constance : peut-on dénoncer aujourd’hui ce que l’on a hier appliqué au nom de la stabilité ?
Le débat sur les libertés numériques dépasse désormais la seule mesure de suspension. Il devient un terrain de clarification politique, où chacun est renvoyé à son bilan et à la cohérence de ses engagements.
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