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À Vienne, le Gabon affiche ses ambitions anticorruption devant les Nations unies

À Vienne, où se tient du 18 au 22 mai 2026 la 17e session du Groupe de travail intergouvernemental à composition non limitée sur la prévention de la corruption, le Gabon affiche une présence remarquée à travers une délégation conduite par Séraphin Ondoumba, commissaire membre, expert gouvernemental, point focal de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) et chef de délégation. À ses côtés figurent Joe Lemboumba Atadit, rapporteur et expert gouvernemental, ainsi que Sylvère Wilfreed Nzamba, chargé d’études et expert gouvernemental. Depuis le 18 mai, les représentants gabonais prennent part aux travaux organisés sous l’égide de l’ONUDC dans le cadre du mécanisme d’examen de l’application de la Convention des Nations unies contre la corruption, portant un message offensif sur la gouvernance et l’intégrité publique.

Au cœur de cette séquence diplomatique, l’intervention remarquée de Joe Manel Lemboumba Atadit, rapporteur et expert gouvernemental ONUDC, a permis au Gabon de réaffirmer sa volonté de faire de la prévention de la corruption un axe majeur de sa politique publique. Face aux délégations réunies dans la capitale autrichienne, le représentant gabonais a d’abord salué « la qualité des travaux menés dans le cadre de cette session consacrée au chapitre II de la Convention des Nations unies contre la corruption », avant de rappeler l’attachement du pays « aux principes de bonne gouvernance, de transparence, d’intégrité et de responsabilité dans la gestion des affaires publiques ».
Dans un discours articulé autour des enjeux de prévention, Joe Manel Lemboumba Atadit a insisté sur le fait que la corruption demeure un frein au développement et à la confiance citoyenne. Selon lui, « la prévention de la corruption constitue un levier essentiel pour renforcer la confiance des citoyens, promouvoir le développement durable et consolider l’État de droit ». Une déclaration qui traduit la volonté des autorités gabonaises de repositionner le pays dans les débats internationaux sur la gouvernance publique.
Le Gabon a ainsi mis en avant plusieurs priorités : le renforcement des institutions nationales de prévention, la promotion de l’éthique dans la fonction publique, l’amélioration de la transparence dans les marchés publics ainsi que le développement des mécanismes de contrôle et d’audit. La délégation gabonaise a également plaidé pour une implication accrue de la société civile et du secteur privé dans les politiques de prévention.
Devant les États parties, le représentant gabonais a aussi défendu l’importance de la coopération internationale. « Le partage de bonnes pratiques et l’assistance technique sont indispensables pour permettre à tous les États parties de mettre en œuvre efficacement les dispositions de la Convention », a-t-il souligné, estimant que la lutte contre la corruption ne peut produire des résultats durables sans coordination entre les États.
Libreville s’est appuyé sur plusieurs réformes récentes pour illustrer cette dynamique. Parmi elles, l’adoption de la loi n°041/2020 du 22 mars 2021 relative au régime de prévention, qui a renforcé les mécanismes de lutte contre l’enrichissement illicite ainsi que les obligations déclaratives des agents publics et des candidats aux élections politiques. Pour les autorités gabonaises, cette réforme marque une étape dans la consolidation des principes de transparence et d’intégrité dans la gestion publique.
Le Gabon entend également jouer un rôle moteur à l’échelle régionale. Le pays assure actuellement la présidence du Réseau des Institutions Nationales Anti-corruption d’Afrique Centrale (RINAC), à la suite de l’élection de Nestor Mbou à la tête de l’organisation. Une position que Libreville compte utiliser pour renforcer les échanges d’expériences et les mécanismes de coopération sous-régionale.
Quelques jours avant cette session de Vienne, la Commission nationale de lutte contre la corruption et l’enrichissement illicite participait déjà, à Libreville, à un séminaire organisé par l’Organisation internationale de la Francophonie sur la bonne gouvernance et le renforcement institutionnel. Autant d’initiatives qui traduisent la volonté du Gabon de s’inscrire davantage dans les standards internationaux en matière de transparence publique et de prévention de la corruption.